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FRANCE

La hausse des actes de vandalisme dans les lieux de culte inquiète les autorités

Depuis deux ans, les profanations et actes de vandalisme contre les lieux de culte des trois grandes religions se sont multipliés. Le ministère de l'Intérieur s'alarme de cette hausse tout en expliquant avoir peu de moyens pour enrayer ce phénomène.

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En février dernier, un petit groupe fracture au marteau la porte de l’église de Morangis (Essonne). L’endroit est dévasté. Près de l’autel, le tabernacle est saccagé, les  hosties piétinées. Un mois plus tôt, à Strasbourg, des croix gammées sont découvertes sur une vingtaine de tombes du cimetière israélite de Cronenbourg. Les inscriptions "Juden Raus !" ("Juifs dehors !") souillent les sépultures. En avril, une trentaine d'impacts de balles viennent abîmer les murs de la mosquée d'Istres (Bouches-du-Rhône).

"Un phénomène inquiétant"

Inscriptions racistes, dalles cassées, mobilier détruit, ou encore tombes profanées... En France, ces actes, tristement banals, s’échelonnent tout au long de l’année. Mais leur constante augmentation alarme aujourd’hui le ministère de l’Intérieur.

En deux ans, les chiffres ont explosé. Ils ont grimpé de 40% pour les sites chrétiens (390 églises et lieux funéraires touchés en 2009 contre 275 en 2008), de 75% pour les sites israélites (66 synagogues et cimetières dégradés en 2009 contre 15 en 2008) et de 25% pour les sites musulmans (18 mosquées vandalisées en 2009 contre 14 en 2008). Un phénomène "inquiétant" et qu’"on ne s’explique pas", constate Serge Guillen, sous-directeur de l’Information générale* (rattachée au ministère de l'Intérieur). Et, loin de s’atténuer, 2010 s’annonce sous les pires augures. On recense déjà 288 lieux de culte chrétiens, 23 sites israélites et 31 mosquées et cimetières musulmans vandalisés au premier semestre de l’année.

Peu d’arrestations des auteurs des faits

Une recrudescence difficilement explicable. "Nous arrêtons rarement les auteurs des faits. Nous avons donc peu de chance de dresser un portrait type des vandales". En 2009, seules 18% des affaires ont été résolues. Un taux d’échec élevé qui s’explique notamment par la non préméditation et la jeunesse des auteurs des faits. L’année dernière, sur 78 interpellés, 59 avaient moins de 18 ans – certains ont même moins de 10 ans ! "Ce sont, la plupart du temps, des jeunes qui boivent, font la fête et décident spontanément de chercher une occupation. Pénétrer dans un cimetière ou dans un lieu mystique les stimule sûrement".

Contrairement aux idées reçues, les motivations sont rarement d’ordre idéologique et les profanations ne sont donc plus l’apanage des groupuscules d’extrême-droite. "Ces auteurs sont souvent désorganisés, ils ne préparent pas à l’avance leur coup contrairement à des groupes xénophobes. Nous avons donc du mal à anticiper", explique Serge Guillen.

L’impuissance des forces de l’ordre

Les actes à caractère raciste ne doivent pas être occultés pour autant. À l’époque du débat sur le voile ou de l’assaut contre la flotille de Gaza par exemple, "il y a eu une légère recrudescence du vandalisme contre les lieux de culte, rectifie-t-il, mais ils n’expliquent pas à eux seuls cette incroyable hausse de profanations".

Pour le moment, le ministère de l’Intérieur avoue à demi-mot son impuissance face à ces actes "spontanés" et, pour la plupart, commis la nuit. "Il y a 36 000 communes dans le pays et autant d’églises. Les patrouilles ne peuvent pas tourner 24 heures sur 24", confesse le sous-directeur.

*Renseignement intérieur chargé de recenser les troubles à l’ordre public
 

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