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PRÉSIDENTIELLE GUINÉENNE

Décision attendue dans la journée sur le maintien du second tour

5 min

Une nouvelle réunion est prévue ce mercredi à Conakry entre le gouvernement et la Commission électorale nationale indépendante. Le président de la transition, Sékouba Konaté, doit quant à lui s’adresser aux Guinéens dans la journée.

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Les électeurs guinéens devraient savoir ce mercredi s’ils se rendront aux urnes dimanche prochain pour désigner leur futur président. Dans cette perspective, deux rendez-vous cruciaux sont prévus à Conakry aujourd’hui. Cet après-midi, une nouvelle réunion est prévue entre le gouvernement de transition et la Commission électorale nationale indépendante (Céni), en charge de l’organisation du scrutin, au palais du Peuple, au cours de laquelle un avis sur le maintien, ou non, du deuxième tour de la présidentielle le 19 septembre devrait être rendu. Est ensuite attendue en soirée une intervention télévisée du président de la transition, le général Sékouba Konaté, étrangement muet depuis plusieurs jours.

Leader de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), Cellou Dalein Diallo, issu de l'ethnie peule, est arrivé en tête du premier tour, le 27 juin, recueillant 43,62 % des suffrages. Premier ministre de décembre 2004 à avril 2006, il fut, pendant de longues années, un cacique du Parti de l’unité et du progrès (PUP) de l'ancien président Lansana Conté, avant de rejoindre l’opposition. Considéré comme l’un des principaux opposants à l'ex-chef de la junte Moussa Dadis Camara, il fut grièvement blessé lors du massacre du 28 septembre 2009 à Conakry, dans lequel plus de 150 personnes ont trouvé la mort.

Ces deux rendez-vous doivent surtout permettre de couper court aux rumeurs qui n’ont cessé de croître dans le pays depuis les violentes échauffourées qui ont opposé, ce week-end, les partisans des deux finalistes du scrutin. Le 27 juin, Cellou Dalein Diallo, le patron de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), était arrivé en tête du premier tour de la présidentielle avec 43,62 % des suffrages, devant Alpha Condé, le leader du Rassemblement du peuple de Guinée (RPG), qui avait recueilli 18,25 % des voix.

Longueur d'onde

Quelle décision les autorités guinéennes vont-elle prendre ? Pour l’heure, difficile d’y voir clair. Mardi soir, dans le journal télévisé de la Radio télévision guinéenne (RTG), Tibou Kamara, le ministre-secrétaire général de la présidence, a affirmé que le général Sékouba Konaté avait "la ferme volonté de respecter les délais et les engagements" pris à l'égard "du peuple de Guinée et de la communauté internationale", mais qu’il s'en remettra à l'avis "des uns et des autres" pour décider de la suite à donner au processus. Au même moment, Faya Millimouno, un membre de l'alliance soutenant Cellou Dalein Diallo, rejetait catégoriquement l'idée d'un report du second tour, arguant qu’il serait alors difficile de "canaliser" plus longtemps les militants…

Candidat du Rassemblement du peuple de Guinée (RPG), Alpha Condé, qui appartient à l'ethnie malinké, est arrivé en deuxième position au premier tour de scrutin, avec 18,25 % des voix. Opposant historique des deux premiers chefs de l'État guinéen, Sékou Touré (1958-1984) et Lansana Conté (1984-2008), il a déjà participé à deux présidentielles, en 1993 et en 1998. Longtemps exilé en France, incarcéré au lendemain de la présidentielle de 1998, il a été condamné en 2000 à cinq ans de prison pour "atteintes à l’autorité de l’État et à l’intégrité du territoire national", avant d’être gracié en 2001.
 

Tous les acteurs du marigot politique guinéen ne sont toutefois pas sur cette longueur d’onde. Après avoir suspendu, dimanche, la campagne électorale et interdit toutes les manifestations dans le pays, le Premier ministre de la transition, Jean-Marie Doré, laissait ouvertement entendre lundi qu’un report du vote n’était pas à exclure. En écho, Makala Traoré, le directeur de campagne d'Alpha Condé, a déclaré, mardi, que le "problème n'est pas la date" du scrutin, et que ce que veut le RPG, "c'est l'organisation d'une élection transparente pour la première fois dans l'histoire du pays". "Je pense donc qu'il serait responsable qu'un certain nombre de conditions soient remplies avant d'organiser le second tour", a-t-il ajouté, évoquant le retard dans la publication des listes électorales et le manque de bureaux de vote.

Sérénité

Les partisans d’Alpha Condé contestent également la légitimité de la présidente par intérim de la Céni, Hadja Aminata Mame Camara, qu’ils considèrent trop proche de Cellou Dalein Diallo. Celle-ci a succédé à Ben Sékou Sylla, décédé mardi d’une longue maladie, qui avait été condamné, jeudi 9 septembre, à un an de prison ferme pour fraude électorale, après une plainte déposée par le RPG.

Quant aux acteurs de la société civile guinéenne, s’ils estiment qu’un nouveau report du scrutin ne serait pas une bonne nouvelle, beaucoup ne voient pas comment le vote pourra se tenir dans quatre jours seulement. "Je ne crois pas que nous ayons toute la sérénité requise pour aller aux urnes", a ainsi confié Aziz Diop, secrétaire exécutif du Conseil national de la société civile guinéenne (CNOSCG), à France24.com. "Techniquement en outre, la Céni n’est pas prête, explique un autre observateur attentif de la vie politique locale. Par exemple, les nouveaux bureaux de vote mis en place à l’issue du premier tour ne sont toujours pas configurés et les cartes d’électeurs alphanumériques sécurisées destinées à remplacer les récépissés dont les détenteurs se sont vus rejeter leur vote au premier tour n’ont toujours pas été éditées à Conakry…"

 

 

 

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