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Le Parti pirate s'implante en Tunisie, une première au Maghreb

Alors que la population tunisienne s’oppose de plus en plus ouvertement à la censure sur Internet exercée par le régime de Ben Ali, le pays est devenu le premier du Maghreb à accueillir le Parti pirate sur "sa" Toile.

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La Tunisie est devenue lundi le premier pays du Maghreb à assister à la mise en ligne du "Parti pirate" (PP) sur son réseau Internet. Elle devient ainsi le 23e pays de cette "internationale" des partis prônant un accès libre et sans contrôle au Web. "Tunisie : c'est avec beaucoup d'espoir et d'émotion que nous accueillons le Parti pirate tunisien, longue vie à lui", peut-on lire sur la page Twitter officielle de la branche française de l'internationale. Auparavant, ce mouvement a présenté des candidats à diverses élections, notamment en Suède et en France.

"On ne fonde pas un parti comme ça en Tunisie"

Le PP tunisien a publié, ce lundi, un communiqué pour fêter sa naissance. Il y défend le droit pour tous de bénéficier d'un accès au "réseau des réseaux" et dénonce toute forme de censure. Contrairement à ses homologues à l'étranger, le Parti Pirate tunisien n'existe pas d'un point de vue légal. "On ne fonde pas un parti politique comme ça en Tunisie", souligne Iyed Dahmani, journaliste et opposant au président Zine el-Abidine Ben Ali. Il s'agirait donc davantage d'un mouvement de protestation virtuel, capable de s'attirer les sympathies d’une partie non négligeable de la (jeune) population tunisienne.

Car ce n’est pas un hasard si cette initiative, inédite au Maghreb, voit le jour sur la Toile tunisienne. En effet, Internet y est particulièrement développé. Avec 3,5 millions d’internautes, pour 10,5 millions d’habitants, le réseau est la star numérique de la région, devant le Maroc.

"Laissez-nous tranquilles"

"C’est une initiative inédite", confirme Iyed Dahmani. Le régime tunisien a en effet été classé par Reporters sans frontière comme un "ennemi d'Internet". La censure y est qualifiée "d"importante et de pernicieuse" par l’organisation de défense de la liberté de la presse. Depuis avril dernier, de plus en plus de sites et de blogs ont été bloqués par les autorités : une situation dénoncée par différents sites internationaux, dont ReadWriteWeb. A la suite d'un article, ce site spécialisé dans les nouveaux médias est d’ailleurs devenu "indisponible" en Tunisie.

Surtout, les Tunisiens se révèlent de plus en plus engagés en faveur d'un libre-accès au Web. En fait, la mise en ligne de la version tunisienne du site du PP n’est que la dernière manifestation en date de cette tendance. À titre d'exemple, le mouvement en ligne "Sayeb Salah (ou Sala7)" (une expression populaire qui pourrait se traduire par "laissez-nous tranquilles") est l’un des plus actifs en Afrique du Nord. À "coups" de vidéos virales, d'appels sur Facebook et Twitter, ces cyber-activistes tentent d’alerter la Communauté internationale sur l’ampleur de la censure en Tunisie. Plusieurs membres dudit mouvement ont ainsi récemment organisé des manifestations en France.

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