Accéder au contenu principal

Raymond Depardon et la France "du milieu"

Le photographe Raymond Depardon a posé son regard sur la France des petits villages, ses commerces, ses ronds-points et son silence. L’exposition se déroule en ce moment à la Bibliothèque nationale de France, à Paris, et ce jusqu’au 9 janvier 2011.

PUBLICITÉ

Raymond Depardon l’avoue lui-même : la France qu’il a captée dans ses photographies est un peu "ingrate, bricolée". Regardée de façon frontale, disons. Cette France-là est exposée à la Bibliothèque nationale de France jusqu'au 9 janvier.

Il aurait pu photographier le monde rural, mais c’est un environnement qu’il a déjà longtemps filmé dans "Profils paysans, la vie moderne" (2008). Il aurait pu aussi observer les grandes villes mais "c'est compliqué d'y garer son camping-car". Les banlieues ? Compliqué. Car cela "demande à être introduit".

Restait "la France du milieu", "de l'entre-deux". Celle "pas très gaie" mais "pas déprimée" pour autant. "Les zones faibles", comme il les nomme. Celles auxquelles on ne prête pas attention, celles que souvent on n'aime pas voir. "Il n’y a rien de plus bête qu’un rond-point. Ou un trottoir qu’on aménage pour les poussettes… ", énumère Raymond Depardon devant la caméra de France 24. Celles des façades colorées aussi, "avec des couleurs incroyables", que l'on n'utiliserait pas dans les centres-villes par "crainte du mauvais goût".

{{ scope.counterText }}
{{ scope.legend }}© {{ scope.credits }}
{{ scope.counterText }}

{{ scope.legend }}

© {{ scope.credits }}

Sa technique ? Prendre son temps – le projet a démarré en 2004. Et parcourir les petits villages avec un fourgon aménagé pour dormir. "Je roulais et j’entrais dans un village. Qu’est-ce que je pouvais photographier ? Qu’est-ce qui est intéressant ? C’est difficile à dire. J’ai commencé à faire des choses systématiquement : photographier les calvaires et les boutiques, ces métaphores des habitants."

Et pourtant, sur ces photographies, très peu de personnes. "Je suis cinéaste", explique celui dont les longs-métrages prennent le temps de donner la parole. "Et c’est du son dont on a besoin pour entendre les habitants. Et là, j’ai voulu le silence."

Il en résulte 36 tirages argentiques en couleur de très grand format, des photographies prises avec une technique très ancienne, la chambre 20 X 25. Le livre, coédité par la BnF et le Seuil, permet de faire un tour de France plus complet, avec plus de 300 photographies. À voir avec un brin de nostalgie à la boutonnière.

Entretien avec Raymond Depardon

Cette page n'est pas disponible.

Il semblerait qu'il y ait une erreur de notre côté et que cette page ne soit pas disponible. Nos équipes vont se pencher sur la question pour résoudre ce problème au plus tôt.