FOOTBALL

La Fifa exclut le Nigeria pour ingérence de l'État

Texte par : Nicolas DE SCITIVAUX
3 mn

La Fédération internationale de football a décidé de suspendre le Nigeria, ce lundi, "avec effet immédiat" en raison de plusieurs interventions du gouvernement dans le fonctionnement de la fédération nigériane.

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Le Comité d’urgence de la Fifa a décidé, ce lundi, de suspendre avec effet immédiat la Fédération nigériane de football (NFF) pour ingérence gouvernementale.

Selon le communiqué de la Fifa, cette décision fait suite à des "actions en justice intentées à l’encontre de membres élus du comité exécutif de la NFF les empêchant d’exercer leurs fonctions et d’exécuter leurs tâches, [et à la] démission du secrétaire général par intérim de la NFF - Musa Amadu - à la demande de la Commission nationale des Sports".

Le comité de la NFF, dirigé par Aminu Maigari, n’est pas non plus en mesure de fonctionner suite à un jugement du Tribunal de grande instance de Lagos qui a remis en cause son élection au mois d’août.

La Fifa a, par ailleurs, jugé inacceptable la stupéfiante décision du ministre des Sports Ibrahim Bio de faire débuter le championnat de première division sans tenir compte des relégations de la saison précédente.

Pendant toute la durée de la suspension, la NFF ne pourra être représentée dans aucune compétition régionale, continentale ou internationale, y compris dans les compétitions interclubs et lors de matchs amicaux.

Un coup dur pour la sélection nigériane, qui a fini troisième lors de la dernière Coupe d’Afrique des Nations (CAN). De plus, cette suspension intervient cinq jours avant un déplacement des Super Eagles en Guinée pour un match comptant pour la qualification de la prochaine CAN.

Aucun membre ou officiel de la NFF ne pourra bénéficier de programmes de développement, de cours ou de formations dispensés par la Fifa ou la Confédération africaine de football (CAF).

La Fifa prône la séparation du football et de l'État

La réglementation de la Fifa stipule que les fédérations gèrent leurs affaires de manière indépendante, sous peine de se voir bannies de la scène internationale.

En juillet dernier, la Fifa avait déjà menacé de bannir la NFF du monde du football. À l’époque, le président nigerian, Goodluck Jonathan, avait voulu exclure son pays de toute compétition pendant deux ans suite à l’élimination des Super Eagles au premier tour de la Coupe du monde en Afrique du Sud. Le dirigeant avait finalement fait marche arrière.

En France, le 23 juin, au lendemain de la défaite des Bleus face à l’Afrique du Sud (2-1), l’Élysée avait publié un communiqué expliquant que "le chef de l'État a demandé aux ministres de faire en sorte que les responsables tirent rapidement les conséquences de ce désastre". La France avait donc été, elle-même, rappelée à l’ordre par la Fifa après la promesse publique de Nicolas Sarkozy d’enquêter sur les raisons du parcours désastreux des Bleus lors du Mondial. "En France, ils ont fait du football une affaire d'État, mais le football reste entre les mains de la fédération" avait alors rappelé Sepp Blatter, le président de la Fifa.

 

 

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