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"Abattu", Jérôme Kerviel a le sentiment "de payer pour tout le monde"

Condamné à rembourser près de 5 milliards d’euros à la Société générale et à une peine de cinq ans de prison dont trois ans ferme, l’ex-trader Jérôme Kerviel s'est dit "abattu par la sanction". Un appel aurait été déposé dès mardi par son avocat.

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Jérôme Kerviel se dit "abattu" par la sanction. "J'ai vraiment le sentiment qu'on a voulu me faire payer pour tout le monde, qu'il a fallu sauver la Société générale et qu'on a tué le soldat Kerviel", a expliqué mercredi sur Europe 1 l'ancien trader, s'exprimant pour la première fois depuis sa condamnation.

"Nous allons reprendre le combat, préparer sa défense pour la cour d’appel", a de son côté annoncé Olivier Metzner, son avocat, à l’énoncé du jugement. Il y aura donc dans quelques mois un nouveau procès Kerviel. Selon des sources judiciaires citées par l'AFP, l’appel aurait d’ores et déjà été déposé, dès mardi après-midi.

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2010/10/WB_FR_NW_SOT_KERVIEL_UPDATE_9h30_NW059460-A-01-20101006.flv

"Jérôme Kerviel est abasourdi, il ne comprend rien" a rapporté Olivier Metzner mardi sur FRANCE 24, dénonçant un "jugement incompréhensible". "On a fait comme s'il avait mis 5 milliards d’euros dans sa poche alors qu’il n’a pas touché un euro", a-t-il regretté, alors que son client a été condamné mardi à verser 4,9 milliards de dommages et intérêts à la banque et à cinq ans de prison, dont trois ferme. Jérôme Kerviel est reparti libre du tribunal mardi, aucun mandat de dépôt n'ayant été demandé.

L'ex-trader est sonné

Le tribunal correctionnel de Paris l'a reconnu coupable d'abus de confiance, d'intrusion frauduleuse dans un système informatique et de faux et usage de faux, soit la totalité des trois chefs d'inculpation retenus contre lui.

"Kerviel n’a pas eu d’autorisation, même tacite, de sa hiérarchie pour spéculer à outrance, a expliqué le tribunal, qui a pris trois mois de réflexion avant de rendre son verdict. Il s’est attaché à masquer ses positions et à tromper les services de contrôle."

Sonné, l’air hagard sur sa chaise après l’annonce du verdict, le jeune homme ne s’est pas présenté à la presse à l’issue de la séance. Lors de la lecture du jugement, le tribunal lui a en effet reproché ses récentes sorties dans les médias.

Paiera-t-il les 5 milliards d'euros de dommages et intérêts ?

Aucune amende n'a été prononcée contre Jérôme Kerviel. Les 4,9 milliards d'euros qu'il est condamné à verser à la Société générale constituent des dommages et intérêts - il s'agit de rembourser le préjudice subi. Si la banque le décidait, l'ancien trader pourrait avoir à verser des sommes importantes à son ancien employeur jusqu'à la fin de ses jours, même si celui-ci a peu de chance de récupérer l'intégralité de la somme perdue.

Ces dommages et intérêts sont les plus importants jamais prononcés par un tribunal français ; ils correspondent à plus de 170 000 années de salaire pour l’ex-trader, qui déclare désormais un revenu de 2 300 euros en tant que consultant informatique.

Interviewé sur RMC, le porte-parole du gouvernement Luc Chatel a estimé mercredi que la banque pourrait "peut-être" faire un geste. Selon deux de ses avocats, Jean Veil et Jean Reinhart, la Société générale devrait chercher à récupérer tous les gains que Jérôme Kerviel pourrait tirer de cette affaire, dont les droits d’auteur sur la publication de son livre, "L’Engrenage".

"Le lampiste, le mouton noir"

Jean Veil s'est par ailleurs félicité que le tribunal ait approuvé cette somme. "La Société générale a été la victime de l'affaire, cela est reconnu aujourd'hui, je ne peux être que satisfait", a-t-il lancé à la presse dès sa sortie de la salle d’audience.

La victoire est en effet totale pour la banque, car si le tribunal a reconnu des défaillances dans le système de contrôle de l'établissement, il a néanmoins affirmé qu'aucun élément de l'affaire ne permet de penser qu’elle ait pu tolérer ou même soupçonner les agissements de son employé.

N'empêche que la presse française se montre ce mercredi assez critique envers la décision du tribunal. "À prononcer une condamnation fantaisiste, les juges prennent le risque de décrédibiliser leur institution qui n'en a guère besoin", écrit par exemple François Lenglet dans "La Tribune".

"Nul ne conteste que Kerviel, le lampiste, le mouton noir, doive être sanctionné pour ses dérives, mais fallait-il pour autant blanchir sa banque qui a laissé faire ?", s'interroge de son côté Daniel Ruiz dans le quotidien "La Montagne".

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2010/10/WB_WB_FR_PLATO_METZNER_NW057992-A-01-20101005.flv

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