ITALIE

La communauté internationale débat du processus de stabilisation de l'Afghanistan

Vidéo par : Matthieu MABIN
4 mn

Des responsables de l'ONU, dont l'envoyé spécial américain pour l'Afghanistan, Richard Holbrooke (photo), se sont retrouvés lundi à Rome pour une journée de discussions sur les pourparlers de paix entre Kaboul et les Taliban.

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AFP - Le Groupe international de contact pour l'Afghanistan s'est réuni lundi à Rome avec pour la première fois la participation de l'Iran, pour mieux définir les conditions de la transition et du transfert du contrôle du pays aux forces de sécurité locales.

La conférence de Rome rassemblait des émissaires de 46 pays et organisations internationales dont le représentant américain pour l'Afghanistan et le Pakistan, Richard Holbrooke, ainsi qu'une dizaine de pays de l'Organisation de la conférence islamique.

Interrogé par l'AFP, l'émissaire iranien, Mohammad Ali Qanezadeh, a qualifié les discussions de Rome de "fructueuses", soulignant que le conflit ne peut être résolu "qu'avec une approche régionale".

"Nous voulons essayer d'atteindre un objectif réaliste, à savoir une stabilité suffisante pour l'Afghanistan et pour y garantir des droits de l'homme essentiels", a déclaré à la presse Michael Steiner, l'émissaire allemand pour la région, qui présidait la réunion de Rome.

M. Steiner a souligné que le processus de transition démarrerait en 2011 et devrait être terminé en 2014 mais l'Afghanistan continuera de recevoir l'aide étrangère même après le retrait des troupes internationales.

Selon lui, il faut accélérer l'entraînement des forces afghanes et atteindre une "stabilité suffisante" sur le terrain afin que le processus de transfert du contrôle du pays aux forces locales devienne "irréversible".

Les participants aux discussions ont apporté leur soutien à des négociations entre le gouvernement de Kaboul et les talibans, selon M. Steiner. "Nous ne pouvons pas résoudre ce conflit militairement. Il faut un processus politique, nous devons soutenir le gouvernement afghan", a-t-il ajouté.

M. Holbrooke a balayé les critiques contre ces pourparlers.

"Il y a de la place en Afghanistan pour tous ceux qui souhaitent la réconciliation", a-t-il dit en appelant les insurgés à déposer les armes.

"Ce n'est pas une défaite. Nous avons toujours dit que nous n'allions pas remporter cette bataille par des moyens militaires", a-t-il ajouté.

La conférence de Rome, organisée avant un sommet de l'OTAN le mois prochain à Lisbonne, examinait le processus de transition alors que sur le terrain, les pertes pour les pays occidentaux atteignent des niveaux records et que les opinions publiques sont lassées de cette guerre.

M. Steiner a souligné que le sommet de Lisbonne sera l'occasion de "donner le coup d'envoi" du processus de transition, tout en précisant que 2014 ne correspondra "pas à un retrait des troupes".

"Nous aurons des troupes en Afghanistan après 2014 mais l'objectif est qu'elles soient là dans une fonction d'entraînement et de soutien" aux troupes locales, a précisé Mark Sedwill, haut représentant civil de l'OTAN en Afghanistan.

Les participants à la réunion de Rome ont souligné l'importance du rôle des pays voisins et notamment de l'Iran, qui partage une longue frontière avec l'Afghanistan.

"Nous reconnaissons que l'Iran a un rôle à jouer dans le règlement pacifique de la situation en Afghanistan", a déclaré M. Holbrooke au nom des Etats-Unis.

"C'est une autre indication des efforts internationaux en cours pour rétablir la paix et la stabilité en Afghanistan (...) il n'y a pas de choc entre les civilisations", a estimé M. Holbrooke.

Pour le représentant italien, Massimo Iannucci, "exclure l'Iran de l'Afghanistan serait la pire erreur" car les pays occidentaux ont "des intérêts communs" avec Téhéran, notamment les problèmes de trafic de drogue et de l'immigration illégale via la frontière irano-afghane.
 

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