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À l'étranger, les heurts en marge des manifestations réveillent le spectre de Mai-68

Les affrontements se multiplient en marge des protestations étudiantes contre la réforme des retraites. La situation n'a pas échappé à la presse étrangère, qui a choisi une couverture enflammée des évènements assimilés à un nouveau Mai-68.

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Des images de voitures incendiées, des pneus qui brûlent, des barrages mouvants de manifestants, des charges de CRS, des nuages de grenades lacrymogènes... Les journaux anglophones, hispanophones et germanophones ont choisi des photos chocs pour illustrer les incidents de lundi en France.

Des blocages de lycées ont donné lieu à des violences et à des affrontements entre jeunes encagoulés et forces de l'ordre en Île-de-France, notamment à Nanterre, ainsi que dans plusieurs villes du pays. Un total de 290 "casseurs (...) mêlés aux différents groupes" de lycéens ont été interpellés lundi - dont 231 placés en garde à vue -, selon le ministère de l'Intérieur. Au total, une dizaine de voitures ont été incendiées lors de la journée d'hier, contre 1 137 lors de la soirée du jour de l’An, en 2009. Mais, dans la presse étrangère, le constat est unanime : la France s'enflamme.

“Britanniques, évitez la France en flammes”, titre le quotidien britannique de droite "The Daily Mail", qui a opté pour une série de clichés illustrant une voiture brûlée devant une rangée de CRS à Nanterre mais aussi pour un véhicule retourné en plein milieu de la rue, à Lyon.

"Nombreux sont ceux qui craignent un nouveau Mai-68 à Paris, indique l’article du "Daily Mail", quand des milliers de personnes étaient descendues dans la rue pour faire plier le gouvernement du président Charles de Gaulle."

Le journal britannique "The Independent" précise toutefois que les violences de ces derniers jours sont le fait de manifestants en marge des défilés qui n’ont rien à voir avec la protestation nationale contre la réforme des retraites. Et d’ajouter que cette vague d’affrontements fait craindre “de nouvelles manifestations ethniques en banlieue, comme il y a cinq ans”.

"Nicolas Sarkozy n’est pas Chirac"

Sur le plan politique, les médias étrangers soulignent l’intensification du conflit. "Le gouvernement français réussit à donner l’impression à ses partenaires de contrôler la situation mais, à l’intérieur du pays, le chaos s’étend", affirme le quotidien de gauche allemand "Der Spiegel" alors que le journal espagnol "La Voix de la Galice" estime que "la grève commence à être dangereusement contagieuse".

Ce qui retient surtout l'attention au delà des frontières, c'est le bras de fer entre Nicolas Sarkozy et les jeunes. "La révolte étudiante se durcit", titre ainsi le quotidien espagnol "El Pais". Le journal allemand "Süddeutsche Zeitung" va même plus loin, évoquant "une lutte sans merci entre le chef de l'État français et la jeunesse du pays". "Il n’y aura qu’un vainqueur dans cet affrontement : le président Nicolas Sarkozy ou la rue", selon le journal.

La "Voix de la Galice" a, elle, déjà sa réponse. "Nicolas Sarkozy n’est pas Chirac", qui avait cédé en 2006 sur le contrat première embauche (CPE) après une importante vague de protestations. "Pour Sarkozy, la réforme des retraites, qui doit être entérinée demain devant le Sénat, est passée", peut-on lire dans l’article. "Sarkozy est déjà passé à autre chose. Il s’occupe aujourd’hui de mettre en place son nouveau gouvernement."

Pour le journal hispanique "ABC" enfin, Sarkozy n’a surtout pas d'autre choix que celui de tenir bon. Il est contraint de ne pas céder pour une raison simple : "Si Sarkozy baisse son pantalon et cède à la pression de la rue, la dette nationale se creusera encore plus. Or, la France devrait le payer beaucoup plus cher sur les places financières, et Sarkozy finirait par être victime de ses concessions devant les syndicats".

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