GUINÉE

Le second tour de la présidentielle de nouveau reporté

Texte par : FRANCE 24 avec dépêches
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Vidéo par : Pauline SIMONET
4 mn

"La date du [dimanche] 24 octobre n'est pas possible", a annoncé le nouveau président de la Céni (photo) après avoir rencontré les deux candidats. C’est la seconde fois que le scrutin est reporté, et aucune nouvelle date n’a été fixée.

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Le second tour de l’élection présidentielle guinéenne n’aura finalement pas lieu dimanche. Alors que le report semblait inévitable, le président de la Commission électorale nationale indépendante (Céni), Siaka Toumany Sangaré, l’a confirmé vendredi soir lors d’une conférence de presse tenue dans la capitale, Conakry.

Les grandes étapes de la crise de l'entre-deux-tours

"La date du 24 octobre n'est pas possible", a affirmé Sangaré. La veille, le président de la Céni avait déjà fait état de retards "déplorables" et concluait : "Je ne voudrais pas me précipiter et envoyer les électeurs aux urnes dans des conditions déplorables qui ne respectent pas les normes internationales, ce qui entraînerait ensuite la contestation des résultats".

Cette annonce intervient après que Sangaré a rencontré, dans la journée de vendredi, les deux candidats en lice pour le second tour, Cellou Dalein Diallo, le leader de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG) et Alpha Condé, le chef du Rassemblement du peuple de Guinée (RPG).

Le premier tour, le 27 juin, s'était déroulé dans le calme, même si des accusations de fraudes et d'irrégularités avaient été formulées dans les heures qui avaient suivi le vote. Des violences, qui s'étaient soldées par la mort d'une personne et avaient fait plusieurs blessés, s'étaient en revanche déclenchées à quelques jours du 19 septembre, date initialement prévue pour le déroulement du second tour, ce qui avait conduit à le reporter.

"Que le scrutin soit crédible"

Selon James André, envoyé spécial de France 24 à Conakry, la Céni s’est fait voler une trentaine d’ordinateurs, ce qui a compliqué l’organisation du scrutin.

Problèmes d’acheminement du matériel électoral et d’affichage des listes, distribution des cartes d’électeur non effectuées : Siaka Toumani Sangaré était pessimiste sur la possibilité pour les Guinéens d’élire leur président le dimanche 24 octobre.

“Les gens vont être déçus”, ajoute James André. "L’élection suscite beaucoup d’intérêt et les Guinéens ont vraiment hâte d’aller voter. Les deux candidats sont prêts, et les risques de tension ont été réduits depuis l’arrivée de Sangaré à la tête de la Commission électorale."

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Pour le Premier ministre de la transition, Jean-Marie Doré, comme pour de nombreux représentants de la société civile toutefois, la priorité "n’est pas d’aller à l’élection le plus vite possible, mais que le scrutin soit crédible", rappelle l’envoyée spéciale de France 24 à Conakry, Pauline Simonet.

La France, qui s’est exprimée par la voix de son ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, avait suggéré, jeudi, que le vote soit repoussé d'une semaine.

Une déclaration qui semble avoir déplu à Conakry, où elle a été perçue comme “une provocation et une ingérence dans les affaires intérieures du pays”, reprend James André.

Le second tour de la présidentielle guinéenne est censé sceller le retour à un régime civil après le putsch militaire de décembre 2008 qui avait conduit à la prise de pouvoir de Moussa Dadis Camara.

Lors du premier tour, l’ancien Premier ministre Cellou Dalein Diallo était arrivé en tête du scrutin, rassemblant sur son nom 43,69 % des suffrages, contre 18,25 % à son rival, Alpha Condé.

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