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L'armée américaine aurait couvert des crimes perpétrés en Irak, selon WikiLeaks

Selon le site internet WikiLeaks, à l'origine de la révélation de plusieurs scandales, l'armée américaine aurait couvert la torture de prisonniers en Irak et aurait volontairement sous-estimé le nombre de civils tués.

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AFP - La coalition internationale a torturé des prisonniers irakiens et fermé les yeux sur des exactions commises par les forces irakiennes, a affirmé vendredi le site WikiLeaks, en publiant près de 400.000 documents secrets de l'armée américaine sur la guerre en Irak.

Pour le porte-parole du ministère des Droits de l'homme, Kamel al-Amine, les documents confidentiels américains ne contiennent « pas de surprise », même s’il a refusé de se prononcer sur les exactions commises par les forces irakiennes contre des prisonniers.

À ce sujet, le Premier ministre irakien sortant Nouri al-Maliki a accusé ses opposants de vouloir utiliser ces documents contre lui, ravivant la crise politique qui secoue actuellement le pays.

La secrétaire d'Etat américaine, Hillary Clinton, a condamné la fuite, estimant qu’elle pouvait mettre en danger "la vie des soldats et des civils des Etats-Unis et de leurs alliés".

Le rapporteur spécial de l'ONU sur la torture, Manfred Nowak, a de son côté appelé le président américain Barack Obama à lancer une enquête.

 

Après des semaines de suspense, le site spécialisé dans le renseignement a commencé à diffuser vendredi soir 391.831 documents qu'il a présentés comme "la plus grosse fuite de documents militaires secrets de l'Histoire".

Les documents mettent en évidence "de nombreux cas de crimes de guerre qui semblent manifestes de la part des forces américaines, comme le meurtre délibéré de personnes qui tentaient de se rendre", accuse le site dans un communiqué.

WikiLeaks évoque aussi le comportement de soldats américains "faisant sauter des bâtiments entiers parce qu'un tireur se trouve sur le toit".

Les documents révèlent "plus de 300 cas de torture et de violences commis par les forces de la coalition sur des prisonniers", ajoute WikiLeaks, qui a aussi dénombré plus d'un millier d'exactions de la part des forces irakiennes.

"On parle de cinq fois plus de morts en Irak, un vrai bain de sang comparé à l'Afghanistan", a déclaré sur CNN le fondateur de WikiLeaks, Julian Assange, jugeant que "le message de ces dossiers est puissant et peut-être un peu plus facile à comprendre que la complexe situation en Afghanistan".

L'AFP a pu consulter une partie des documents à Londres avant leur diffusion sur internet. Une grande partie des textes sont expurgés des noms pouvant mettre en danger des personnes, a expliqué WikiLeaks.

La secrétaire d'Etat américaine, Hillary Clinton, tout en refusant d'entrer dans les détails de ces révélations, a condamné la fuite de tout document pouvant mettre en danger "la vie des soldats et des civils des Etats-Unis et de leurs alliés".

WikiLeaks a également remis à l'avance ses documents à plusieurs médias internationaux comme le New York Times, le Guardian, Der Spiegel et la chaîne Al-Jazira, qui a la première révélé leur contenu.

Selon la chaîne de télévision du Qatar, l'armée américaine a "couvert" des cas de torture de détenus par les autorités en Irak, où des centaines de civils ont en outre été tués à des barrages tenus par les alliés.

Au vu des documents, "les autorités américaines n'ont pas enquêté sur les centaines de cas de violences, tortures, viols et mêmes des meurtres commis par des policiers et des militaires irakiens", écrit le Guardian.

Selon le communiqué de WikiLeaks, les documents secrets couvrent la période du 1er janvier 2004 au 31 décembre 2009, après l'invasion américaine de mars 2003 qui a renversé le régime de Saddam Hussein.

Les documents révèlent que le conflit a fait 109.032 morts en Irak, selon le communiqué, qui précise que plus de 60% sont des civils, soit 66.081 personnes. Sur ce total, 15.000 décès de civils n'avaient jusqu'à présent pas été révélés, selon WikiLeaks.

Ces chiffres montrent "que les forces américaines disposaient d'un bilan recensant morts et blessés irakiens même si elles le niaient publiquement", a relevé Al-Jazira.

Un bilan américain publié officiellement fin juillet faisait état de près de 77.000 Irakiens civils et militaires tués de 2004 à août 2008.

Selon Al-Jazira, les documents font également état de liens entre le Premier ministre irakien sortant Nouri al-Maliki et des "escadrons de la mort" qui semaient la terreur au début du conflit.

D'autres documents "révèlent de nouveaux cas impliquant (l'ancienne société de sécurité américaine privée) Blackwater dans des tirs contre des civils", sans qu'aucune charge ne soit retenue contre elle.

Sur l'Iran, Al-Jazira parle de documents "détaillant la guerre secrète de l'Iran en Irak, en évoquant le rôle des Gardiens de la révolution en tant que fournisseur présumé en armes des insurgés chiites".

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