HAÏTI

Les autorités espèrent une stabilisation de l'épidémie de choléra

Alors que le bilan de l'épidémie de choléra a franchi la barre des 250 morts et des 3 000 hospitalisés, les autorités évoquent une possible stabilisation de l'épidémie. Les organisations humanitaires restent pour leur part très mobilisées.

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REUTERS - Les autorités haïtiennes ont signalé dimanche une possible stabilisation de
l'épidémie de choléra, dont le bilan dépasse désormais les 250 morts dans le pays.

Les organisations humanitaires continuent toutefois à se préparer à affronter un scénario catastrophe, qui verrait la maladie se développer dans tout le pays, notamment à Port-au-Prince, la capitale ravagée le 12 janvier par un séisme.

"Nous devons nous préparer à une grave épidémie, même si nous espérons qu'elle ne se produira pas", a déclaré à Reuters Nigel Fisher, coordinateur des missions humanitaires de l'Onu en Haïti.

Cinq cas "importés" de choléra ont été recensés à Port-au-Prince mais il s'agit de

personnes arrivées en provenance de la zone épidémique, située au nord de la capitale.

Des cas suspects ont également été signalés à L'Arcahaie et à Cap-Haïtien, la deuxième ville du pays située dans le nord, a ajouté Nigel Fisher qui s'attend à une extension géographique de l'épidémie.

Le nombre total de morts depuis le début de l'épidémie, la première de ce genre en un siècle à Haïti, s'élève à 253 pour 3.015 cas recensés, essentiellement dans les zones rurales longeant le fleuve Artibonite dans le centre du pays.

"Nous avons enregistré une diminution dans le nombre de morts et de personnes hospitalisées dans les zones les plus touchées (...) La tendance est à la stabilisation, sans que l'on puisse dire que nous avons atteint un pic", a déclaré Gabriel Thimoté, directeur général du département de la Santé haïtien.

Alors que l'hôpital de Saint-Marc, en Artibonite, signalait auparavant plusieurs dizaines de morts par jour, il n'a recensé qu'un seul décès samedi.

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Qu'est-ce que le choléra ?

 
Centres de traitement

Les organisations humanitaires internationales ne baissent ependant pas la garde, notamment à Port-au-Prince où environ 1,3 million de rescapés du séisme vivent dans des camps de toile insalubres.

Les soldats de la force de maintien de la paix des Nations unies ont entrepris l'installation de centres de traitement capables d'accueillir 150 patients chacun en Artibonite, dans la
capitale et dans la province du Centre.

"Nous nous préparons au pire scénario ici (...) Nous devons être prêts à l'affronter", a déclaré Imogen Wall, la porte-parole des services humanitaires de l'Onu en Haïti.

Des cas suspects de choléra ont été signalés dans plusieurs provinces du pays, a fait savoir l'Organisation panaméricaine de la Santé (PAHO), antenne régionale de l'Organisation mondiale de la Santé.

"Il est parfaitement normal que la maladie se répande géographiquement (...) Nous nous préparons à Port-au-Prince et dans le reste du pays", a dit à Reuters le docteur Michel
Thieren, principal responsable de la PAHO à Haïti.

La stratégie consiste à endiguer la maladie dans les principaux foyers d'infection, à renforcer les mesures de prévention et à se préparer à traiter rapidement tout nouveau
foyer épidémique.

Des élections présidentielle et législatives doivent avoir lieu le 28 novembre en Haïti, où 300.000 personnes ont été tuées par le tremblement de terre du 12 janvier, et on ignore si
l'épidémie pourrait menacer la tenue de ces votes.

Le choléra provoque une forte déshydratation et peut tuer en quelques heures. Il peut toutefois être combattu facilement avec des sels de réhydratation ou des mélanges d'eau, de sucre et de sel.

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