HAÏTI

Le pays se mobilise pour éviter la propagation de l'épidémie de choléra

Le gouvernement haïtien a annoncé une "mobilisation" pour faire face à l'épidémie de choléra qui a provoqué la mort d'au moins 295 personnes et l'hospitalisation de 3 600 autres. Malgré une stabilisation, les médecins demeurent vigilants.

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L'épidémie de choléra en Haïti a fait 295 morts et contaminé 3 612 personnes, selon un nouveau bilan fourni mardi par les autorités sanitaires du pays. Le précédent bilan était de 284 morts et 3 342 hospitalisations.

Le choléra, éradiqué à Haïti depuis plus de 100 ans, a fait son apparition il y a quelques jours dans le nord du pays, en raison de la mauvaise qualité de l'eau potable. La crainte est de le voir se développer à Port-au-Prince, où des centaines de milliers d'Haïtiens s'entassent dans des camps de fortune après le séisme du 12 janvier, qui a fait plus de 250 000 morts. "Tout le monde sur l’île retient son souffle en espérant que la maladie ne se déclarera pas dans les camps de fortune où s’entassent toujours 1,3 million de sinistrés dans des conditions d’hygiène extrêmement précaires", indique Laurence Cuvillier, envoyée spéciale de France24 en Haïti.

Le choléra dans le monde

L'ONU évoque une situation très grave

Depuis New York, le Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l'ONU a exprimé son inquiétude. "Une épidémie d'ampleur nationale avec des dizaines de milliers de cas est une possibilité réelle", a expliqué l'ONU dans un communiqué. "La situation est extrêmement grave et sur la base de l'expérience que nous avons des épidémies ailleurs dans le monde, il serait irresponsable de ne pas se préparer à une épidémie beaucoup plus importante". Et l’inquiétude est justifiée, selon Laurence Cuvillier, car même si l’épidémie ralentit, "plusieurs dizaines de nouveaux cas auraient été recensés mardi dans la capitale, dont une trentaine proches de la Cité soleil, le plus grand bidonville de Port-au-Prince". Si la maladie pénètre cette zone, "elle risque de s’y propager très rapidement", ajoute-t-elle.

Sur place, le gouvernement a annoncé "une grande mobilisation" au niveau des élus, des communautés locales et des établissements scolaires afin de prévenir la propagation de la bactérie.

Au camp du Champ de Mars, dans le centre de la capitale, où les chaumières en tôle et les tentes en plastique ont pris racine, les déplacés du séisme craignent l'épidémie. "J'ai peur que la maladie s'installe dans les camps", dit Elvia, une jeune femme de 24 ans assise à l'entrée de sa tente, le visage dans la main.

"J'ai peur car personne n'est là pour s'occuper des sinistrés" du camp, ajoute-t-elle. "Nous savons quoi faire pour nous protéger, mais les enfants sont livrés à eux mêmes. Ils ne se lavent pas convenablement et puis, regardez, les toilettes sont juste en face des tentes où nous vivons", dit-elle.

La communauté internationale se mobilise

Le choléra, une maladie hautement contagieuse causée par une bactérie, provoque de très violentes diarrhées, pouvant tuer en quelques heures. Des mesures d'hygiène draconiennes et la fourniture d'une eau sûre demeurent en pratique les meilleurs moyens de stopper plus ou moins rapidement la progression d'une épidémie. "Dans les rues et sur la radio, on entend les mêmes conseils appelant à éviter les fruits et les légumes crus et à faire bouillir les aliments", précise Laurence Cuvillier.

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Qu'est-ce que le choléra ?

L'épidémie durera des années avant d'être éradiquée, a averti le directeur adjoint de l'OPS, Jon Andrus. "A partir du moment où le choléra s'est solidement établi en Haïti, il est clair pour nous qu'il ne disparaîtra pas avant plusieurs années", a-t-il dit. Pis, "on craint sur l’île que le choléra ne s’installe pour devenir une maladie endémique en Haïti, au même titre que la malaria", explique l’envoyée spéciale de France24.

Les autorités sanitaires et les associations d'aide doivent "s'organiser en conséquence, mobiliser des moyens et développer leurs capacités de réaction en ces sens afin d'aider les Haïtiens sur la durée", a observé M. Andrus.

Plusieurs pays ont déjà annoncé l'envoi d'aide en Haïti. Le Brésil, qui commande la Mission de l'ONU dans le pays (Minustah), se prépare à envoyer notamment des médicaments et des médecins spécialisés. L'Union des nations sud-américaines (Unasur) a envoyé mardi une première cargaison d'aide et l'Equateur, qui préside l'Unasur, a notamment envoyé de l'eau, des antibiotiques et des sels de réhydratation.

La France, de son côté, prépare l'envoi d'une mission médicale, tandis que les Etats-Unis ont offert à Haïti un millier de lits spécialement équipés pour les malades du choléra.

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