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INDUSTRIE AUTOMOBILE

Molex irrite le gouvernement en affichant un bénéfice record

Texte par : Dépêche
3 min

Molex, qui refuse de financer le plan social de son usine française fermée en 2009, a fait état de bénéfices "record" au troisième trimestre. Renault et PSA sont sommés de suspendre tout échange commercial avec l'équipementier automobile américain.

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AFP - Christian Estrosi a annoncé mercredi avoir demandé à Renault et PSA de ne plus avoir "le moindre échange commercial" avec l'équipementier automobile américain Molex, qui refuse de financer le plan social d'une usine fermée en 2009, mais affiche un résultat record.

Le ministre de l'Industrie était interrogé par la presse à la sortie du conseil des ministres sur l'annonce par Molex de bénéfices "record" au troisième trimestre, ce qui l'a conduit à augmenter de 14,8% le dividende versé à ses actionnaires.

"L'annonce ce matin du fait que Molex ait dégagé 75 millions (de dollars, NDLR) de bénéfices dont 15% seront redistribués à leurs actionnaires est une démarche de mépris la plus totale, que ce soit à l'égard des salariés de Molex mais aussi du gouvernement français et de la justice de la France", a affirmé Christian Estrosi.

"J'ai demandé ce matin à Renault et à PSA de cesser toute commande à l'égard de Molex et qu'il n'y ait plus le moindre échange commercial entre (...) nos deux constructeurs et Molex qui méprise les institutions de notre pays, le respect de leurs engagements dans le domaine social, a-t-il ajouté. Il est temps de mettre fin à ce genre de comportements".

Le ministre avait déjà assuré la semaine dernière après une réunion à la préfecture de Haute-Garonne - département où est situé le site Molex fermée l'an dernier - qu'il demanderait à Renault et PSA de revoir leurs contrats avec leur fournisseur américain si "sa filiale France ne respectait pas ses engagements".

"Comment peut-on mépriser autant les engagements qui ont été pris, a renchéri mercredi Christian Estrosi. C'est inadmissible, scandaleux, nous allons utiliser tous les moyens de droit nécessaires, nous allons imposer à Molex de s'expliquer devant la justice française".

A la question de savoir quelles démarches allaient être engagées concrètement, le ministre a répondu : "Il y a des dispositions très claires dans le domaine civil qui permettent à l'administrateur judiciaire, au liquidateur, et au gouvernement de soutenir cette démarche pour pouvoir obtenir non seulement le remboursement de ce que nous avancerons pour ne pas laisser les salariés sur le bord du chemin et aussi pour faire respecter les indemnités de reclassement et le plan social qui a été négocié avec l'ensemble des partenaires".

Dans un contexte de désindustrialisation, Molex est devenu un symbole de ces entreprises jugées rentables et viables, mais sacrifiées sur décision étrangère au nom d'une logique financière globale échappant au personnel.

Le site de Molex à Villemur-sur-Tarn (Haute-Garonne), une usine de connectique automobile, avait fermé en octobre 2009 après 11 mois de lutte des salariés.

Ce mois-ci, en réponse aux actions intentées devant les prud'hommes par 188 des 283 salariés, la maison-mère américaine avait décidé de cesser de financer le plan social de l'usine et de s'en remettre à la collectivité pour le faire.

 

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