PRÉSIDENTIELLE GUINÉENNE

La méfiance reste de mise entre Cellou Dalein Diallo et Alpha Condé

Alpha Condé et Cellou Dalein Diallo ont accepté le report au 7 novembre du second tour de la présidentielle guinéenne. Mais les tensions demeurent vives entre les deux camps : une tournée conjointe de réconciliation, prévue jeudi, a été annulée.

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"N'y va pas, n'y va pas !" Plusieurs centaines de militants du Rassemblement du peuple de Guinée (RPG) se sont massés, jeudi matin, autour de la résidence de leur candidat, Alpha Condé. Celui-ci s'apprêtait à participer alors à une "tournée d'apaisement" dans l'est du pays, en compagnie de son rival Cellou Dalein Diallo, le leader de l'Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG). Objectif : restaurer la confiance de la population à quelques jours de l'organisation du second tour de la présidentielle, après des violences politico-ethniques entre Peuls et Malinkés, les ethnies dont sont issus les deux candidats. Mais à la demande de sa base, qui accuse des partisans de l'UFDG d'avoir tenté d'empoisonner certains militants du RPG, Alpha Condé a finalement renoncé à y prendre part.

"Les Peuls sont à Mamou. Si Alpha Condé se rend là-bas, ils vont monter un coup", accuse l'un de ses sympathisants. "Ils vont le tuer là-bas", renchérit une femme. "On a été empoisonné, ajoute un troisième. Plus de 120 personnes sont alitées. On ne nous a pas présenté d'excuses officielles."

Empoisonnement ou intoxication ?

À l'origine de ces accusations, un malaise dont ont été victimes des sympathisants d'Alpha Condé, après avoir bu de l'eau lors d'un meeting. Nausées, vomissements... aucun décès ni cas graves n'a cependant été recensé. "Je ne peux pas parler d'empoisonnement, je ne peux que parler d'intoxication alimentaire", indique un médecin.

Les militants du RPG ont pourtant rapidement accusé des Peuls de les avoir empoisonnés, entraînant des attaques contre cette communauté à Conakry et dans l'est du pays. Loin de contredire la rumeur, les cadres du parti ont demandé une enquête et exigent un geste du camp adverse.

"Je ne veux pas enflammer la situation, mais il faut parler de cette question d'intoxication et régler le problème entre les différents camps", affirme ainsi François Fall, porte-parole de l'Alliance d'Alpha Condé.

Le second tour de la présidentielle guinéenne, déjà reporté à plusieurs reprises, a été fixé mercredi soir au 7 novembre, par un décret du président de la transition, le général Sékouba Konaté. L'ancien Premier ministre Cellou Dalein Diallo aparaît comme le favori du scrutin après avoir remporté 43 % des voix au premier tour, le 27 juin. L'opposant historique, Alpha Condé, n'a obtenu que 18 % des suffrages.

Jeudi, les chefs religieux du pays ont appelé à l'apaisement et à la réconciliation. 

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