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HAÏTI

Les humanitaires débordés face à l'épidémie de choléra

3 min

Le bilan de l'épidémie de choléra s'élève à plus de 300 morts et 4 600 contaminations. À l’origine de ce drame sanitaire : les eaux infectées du fleuve Artibonite. Nos reporters se sont rendus dans la ville voisine, Saint-Marc.

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Des rumeurs circulent dans le pays sur l'origine de la bactérie, incriminant les humanitaires étrangers et particulièrement des soldats népalais de l'ONU. "Certains pensent que des matières organiques humaines jetées dans une rivière (...) par la Minustah sont à l'origine de l'épidémie (...), mais (la mission) utilise en fait sept fosses septiques", se défend la Mission des Nations unies pour la stabilisation en Haïti (Minustah).

À Genève, une responsable de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a affirmé qu'il était "absolument impossible" que la maladie ait été apportée par des humanitaires venant d'autres pays. Selon elle, ce n'est pas la première fois que le choléra apparaît dans un pays sans qu'aucune explication soit trouvée.

Dans la région de Saint-Marc, à 100 kilomètres au nord de Port-au-Prince, les habitants n'ont pas changé leurs habitudes. Ils continuent de laver leurs vêtements et de vivre autour du fleuve Artibonite, pourtant à l’origine de l'épidémie de choléra. Des résidus de déjections humaines infectées ont été retrouvés dans les eaux boueuses du fleuve.

"Nous, c'est cette eau qui nous fait vivre. On dit qu'elle est infectée ; mais nous, on était ici quand c'est arrivé. Et on n'a rien. Alors, on continue…", raconte un Haïtien. Pourtant, dans cette région, ont été diagnostiqués des milliers de cas de choléra.

Dans l'hôpital Saint-Nicolas de la ville de Saint-Marc, des centaines de patients attendent sur des lits de camp. Pour la plupart, les malades présentent des symptômes de diarrhées aigües. Selon le personnel hospitalier, plus de 600 malades sont en cours de traitement et quelque 200 nouveaux cas arrivent chaque jour.

"Jusqu’à présent, on reçoit beaucoup de patients ; environ 225 par jour, commente le docteur Théodore Joassaint qui travaille pour Médecins sans Frontières (MSF). On donne des gants aux malades et aux parents. On fait de la sensibilisation ; moi, je pense qu’avec la sensibilisation et l’éducation, ce n’est pas la peine d’isoler tout le monde ici". 

Le camp de MSF contraint de plier bagages

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Cette semaine, MSF se préparait à ouvrir à Saint-Marc un centre de traitement du choléra, offrant 400 lits pour accueillir plus de malades. Mais la population a cédé à la panique. Craignant que l’afflux de patients ne propage l’épidémie, quelque 300 manifestants, incluant des élèves du lycée tout proche, ont jeté des pierres mardi soir en direction du personnel médical de l'association humanitaire. Deux écoles se trouvent à proximité du camp installé par MSF.

Des casques bleus argentins de la Mission des Nations unies en Haïti (Minustah) sont intervenus pour mettre fin aux échauffourées. Mercredi, ces soldats montaient la garde pendant que le centre médical était démonté. MSF a fini par plier bagages. "La conséquence majeure est que nous sommes désormais incapables de répondre à l'épidémie de choléra dans la région de l'Artibonite de manière efficace et dans les meilleures conditions possibles", a déclaré Francisco Otero, chef des équipes d'intervention d'urgence MSF à Saint-Marc.

À un mois jour pour jour des élections législatives et de la présidentielle, le dernier bilan s’élève à 305 morts, selon le ministère de la Santé haïtien, tandis que 502 hospitalisations supplémentaires ont été enregistrées, soit 4 649 au total.

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