PRÉSIDENTIELLE IVOIRIENNE

Le taux de participation s'élève à environ 80 %, selon la Commission électorale

Au lendemain d'un scrutin historique au cours duquel les électeurs ont afflué dans les bureaux de vote, toute la Côte d'Ivoire attend désormais l'annonce des résultats du premier tour de la présidentielle qui seront connus au plus tard mercredi.

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, envoyé spécial à Abidjan

Jour tranquille à Abidjan. En ce lundi férié de la Toussaint, les rues de la capitale économique ivoirienne sont quasi désertes, la plupart des commerces fermés et les taxis rares. Sur les quatre voies longeant la lagune, d’ordinaire aux prises avec les embouteillages, la circulation est fluide. Quiconque débarquerait aujourd'hui dans la ville serait bien en peine d'affirmer que la Côte d’Ivoire a vécu, hier, l’un des moments les plus importants de sa jeune histoire.

En fait, tout le pays est désormais suspendu à l'annonce des résultats du premier tour de l'élection présidentielle qui s’est déroulé dans le plus grand calme, dimanche. Six fois reporté depuis 2005, organisé après plus de huit années de crise politico-militaire déclenchée par une tentative de putsch contre le président Laurent Gbagbo, le scrutin a mobilisé les Ivoiriens. Dès les premières heures de la matinée d’hier, les 20 000 bureaux de vote du pays ont été pris d’assaut par des centaines de milliers de personnes impatientes de participer au premier round d'une élection considérée comme la plus ouverte depuis l’indépendance du pays, en 1960. Pour l’heure, la Commission électorale indépendante (CEI) estime que le taux de participation pourrait atteindre 80 %.

Issue incertaine

Quatorze candidats briguent le fauteuil présidentiel, mais seuls trois font figure de favoris. En quête d’une légitimité par les urnes depuis la fin théorique de son mandat en 2005, le président sortant et candidat du Front populaire ivoirien (FPI), Laurent Gbagbo est, fait inédit, opposé à ses deux éternels rivaux : l’ex-Premier ministre Alassane Ouattara, du Rassemblement des républicains (RDR), et l’ancien président déposé par un coup d’État en décembre 1999, Henri Konan Bédié, du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI).

En dépit des dernières enquêtes d’opinion donnant Laurent Gbagbo en tête du premier tour, les observateurs se gardent bien d’émettre le moindre pronostic. Dans les quartiers généraux de campagne des principaux partis, les militants sont convaincus de la victoire de leur poulain. Bien que la CEI soit seule habilitée à proclamer les résultats provisoires, les responsables du FPI et du RDR, chacun de leur côté, affirment mezzo voce détenir des premières tendances les donnant en tête du premier tour, sinon vainqueur de la présidentielle.
 

Officiellement, les Ivoiriens doivent se contenter des premières tendances du vote de la diaspora que la CEI égrène sur l’antenne de la Radiodiffusion télévision ivoirienne (RTI). Pour le reste, les procès-verbaux issus des bureaux de vote de l’intérieur du pays sont en cours d’acheminement vers Abidjan. Les résultats provisoires de la capitale économique, qui concentre à elle seule plus d’un tiers de l’électorat du pays, pourraient être, quant à eux, annoncés dans la nuit voire demain matin.

Important déploiement des forces de sécurité

En attendant la proclamation des chiffres officiels prévue au plus tard mercredi, les différents candidats à la magistrature suprême exhortent leurs partisans à respecter le verdict des urnes. Eux-mêmes se sont engagés lundi auprès du représentant spécial des Nations unies pour la Côte d'Ivoire, le Sud-Coréen Young-jin Choi, à accepter le choix des électeurs.

Jour de vote à Abidjan

Reste que nombre d’Ivoiriens craignent que l’annonce des résultats ne s'accompagne de violences. Pour enrayer tout débordement susceptible d’enflammer le pays, un millier de gendarmes, de policiers et de militaires sont postés depuis le début de la campagne aux points stratégiques d’Abidjan. Quelque 12 000 soldats de l’Opération des Nations unies en Côte d’Ivoire (Onuci), assistés de 900 militaires français de l’opération Licorne, sont également à pied d’œuvre dans l’ensemble du pays. Un important dispositif qui devrait demeurer en place jusqu’à la proclamation officielle d’un président. Si aucun candidat n’obtient la majorité absolue à l’issue du premier tour, les électeurs seront de nouveau appelés aux urnes à la fin du mois de novembre.

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