PRÉSIDENTIELLE IVOIRIENNE

Les résultats partiels ouvrent la perspective d’un deuxième tour

Alors qu’un bulletin sur deux a été dépouillé, le président sortant Laurent Gbagbo et l'ancien Premier ministre Alassane Outtara sont au coude-à-coude avec près de 35% des voix chacun. Le scenario d'un vote à deux tours se profile.

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Les résultats partiels ne donnent pour l’instant pas de vainqueur, mais laissent déjà penser que la présidentielle ivoirienne se jouera sur deux tours. Mardi, le porte-parole de la Commission électorale indépendante (CEI), Bamba Yacouba, a commencé à donner les résultats disponibles alors que, en l’absence d’annonce officielle, tout le pays bruissait de rumeurs.

Ces premiers chiffres ont permis aux agences de presse Reuters et AP d’estimer que le président sortant, Laurent Gbagbo, et l'ancien Premier ministre Alassane Outtara recueillerait chacun environ 35% des voix. Henri Konan Bédié, autre candidat majeur, arriverait en troisième position avec 27% des voix.

À la fermeture des bureaux de vote, le dépouillement des bulletins de vote s’effectue dans un premier temps manuellement. Les quelque 20 000 procès-verbaux de vote sont ensuite acheminés jusqu’aux 415 commissions électorales locales, à partir desquelles les résultats sont transmis aux autorités d’Abidjan, selon deux modes : l’un électronique et l’autre manuel.

Après avoir fait l’objet de vives contestations de l’opposition, qui estimait ce système favorable au président Laurent Gbagbo, la transmission numérique a finalement été confiée à un comité d’experts - ivoiriens et étrangers. L’acheminement physique des PV est, quant à lui, assuré par les soldats de l’Onuci.

Un recoupement entre le décompte numérique et le comptage manuel permettra ensuite à la Commission électorale indépendante de proclamer les résultats provisoires au plus tard mercredi.

Si ces chiffres se confirment après le dépouillement des 2,2 millions de suffrages restant, les Ivoiriens se rendront une nouvelle fois aux urnes pour le second tour. La confirmation de ce scenario est attendu dès ce mercredi, date à laquelle la Commission électorale a promis de rendre officiel le verdict du scrutin historique du 31 octobre.

Il reviendra ensuite au Conseil constitutionnel de valider ou d’invalider les chiffres de la CEI. Puisque la loi ivoirienne prévoit que le second tour doit se tenir 15 jours après sa décision, les analystes estiment qu'il pourrait avoir lieu le 28 novembre.

"Aucune crainte" de débordement,  selon Guillaume Soro

Dans l’attente des résultats officiels, de nombreuses voix ivoiriennes s’élèvent pour apaiser les craintes de tensions. "Nous devons tous garder notre calme et notre sérénité pour attendre les résultats", a déclaré le chef d'état-major de l'armée ivoirienne, le général Philippe Mangou, dans un spot diffusé en boucle à la télévision.

Le Premier ministre Guillaume Soro a lui assuré qu’il travaille au déroulement pacifique de la proclamation officielle des résultats. "J’ai demandé à tous ceux qui m’ont accompagné pour obtenir des élections pacifique de poursuivre leurs efforts pour que la proclamation se fasse dans la tranquillité", a-t-il insisté sur RFI. Le secrétaire général des ex-rebelles des Forces nouvelles a aussi ajouté n’avoir "aucune crainte" si tout le monde a bien "la garantie que le scrutin s’est déroulé de façon normale et transparente".

SUR RFI

De son côté, la Commission électorale indépendante insiste sur le fait qu’il n’y aura pas "d’ambiguïté" concernant les résultats. "Nous partageons les informations avec les différents candidats, nous confrontons les chiffres et, une fois que nous sommes d’accord, nous donnons les résultats à la population", a expliqué Bamba Yacouba, porte-parole de la CEI sur RFI.

Celui-ci a également assuré qu’il respecterait le "délai légal" et que la CEI n’avait "pas besoin de jour supplémentaire" pour le décompte des votes. Le suspense pourrait donc bien prendre fin dans les prochaines heures.

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