PRÉSIDENTIELLE GUINÉENNE

Le dépouillement des bulletins du second tour se poursuit

Le dépouillement des bulletins de vote du second tour de la présidentielle se poursuit, ce mardi, en Guinée. Les résultats définitifs du scrutin ne devraient pas être connus avant mercredi au plus tôt.

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Les opérations de dépouillement ont commencé lundi, en Guinée, au lendemain du second tour d’une élection présidentielle historique. Ce premier scrutin libre et transparent depuis l’indépendance du pays, en 1958, a opposé Cellou Dalein Diallo, candidat des l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), à Alpha Condé, chef du Rassemblement du peuple de Guinée (RPG).

Un scrutin qui s'annonce serré

Les résultats officiels ne sont pas attendus avant mercredi, selon la Commission électorale nationale indépendante (Céni). Le président de la Commission s’est cependant engagé à publier les résultats au fur et à mesure de leur arrivée, circonscription par circonscription. "Dès ce soir ou demain matin, les premiers résultats du vote dans la capitale guinéenne, Conakry, pourraient être connus, estime Pauline Simonet, envoyée spéciale de France 24 en Guinée. À partir de là, une tendance général pourra rapidement se dégager".

Candidat du Rassemblement du peuple de Guinée (RPG), Alpha Condé, qui appartient à l'ethnie malinké, est arrivé en deuxième position au premier tour de scrutin, avec 18,25 % des voix. Opposant historique des deux premiers chefs de l'État guinéen, Sékou Touré (1958-1984) et Lansana Conté (1984-2008), il a déjà participé à deux présidentielles, en 1993 et en 1998. Longtemps exilé en France, incarcéré au lendemain de la présidentielle de 1998, il a été condamné en 2000 à cinq ans de prison pour "atteintes à l’autorité de l’État et à l’intégrité du territoire national", avant d’être gracié en 2001.
 

Leader de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), Cellou Dalein Diallo, issu de l'ethnie peule, est arrivé en tête du premier tour, le 27 juin, recueillant 43,62 % des suffrages. Premier ministre de décembre 2004 à avril 2006, il fut, pendant de longues années, un cacique du Parti de l’unité et du progrès (PUP) de l'ancien président Lansana Conté, avant de rejoindre l’opposition. Considéré comme l’un des principaux opposants à l'ex-chef de la junte Moussa Dadis Camara, il fut grièvement blessé lors du massacre du 28 septembre 2009 à Conakry, dans lequel plus de 150 personnes ont trouvé la mort.

Pour l’heure, et selon des informations recueillies par la journaliste auprès des états-majors des deux partis, le vote semble beaucoup plus serré que ce que les résultats du premier tour laissaient présager. À l’issue du vote, le 27 juin, Cellou Dalein Diallo était arrivé largement en tête, avec 43 % des suffrages, contre 18 % pour Alpha Condé.

Cellou Dalein Diallo partait donc grand favori, d’autant qu’il avait obtenu le ralliement de Sidya Touré, candidat de l’Union des forces républicaines (UFR), arrivé en troisième position au premier tour avec 13 % des voix.

"Cependant, il s’est passé beaucoup de choses ces quatre derniers mois, estime Pauline Simonet. Alpha Condé a fait une bonne campagne : il s’est rendu dans plusieurs régions du pays et a obtenu le ralliement de candidats appartenant à différentes ethnies. Le leader du RPG espère aussi attirer les abstentionnistes. Au premier tour, 50 % des électeurs n’avaient pas voté."

L’élection s’est déroulée dans le calme

Dimanche, le scrutin s'est déroulé dans le calme. Aucun incident majeur n’a été signalé pendant la journée, selon le Malien Siaka Toumani Touré, président par intérim de la Céni. "Les opérations se sont bien passées, jusqu’à présent. Mais il faut attendre la fin du processus pour pouvoir apprécier la situation", a-t-il expliqué à Pauline Simonet.

À la mi-journée, un constat similaire avait été dressé par les deux candidats encore en lice. Alpha Condé confiait n’avoir relevé que "quelques problèmes" sans réelle gravité dans certains bureaux. Son adversaire Cellou Dalein Diallo estimait lui que le vote "se passait bien dans l’ensemble" et que "toutes les conditions d'une élection libre et transparente semblaient réunies". Celui-ci a toutefois affirmé qu'à "Kouroussa et Siguiri" - deux villes de Haute-Guinée où des attaques contre des membres de l’ethnie peule ont eu lieu au mois d’octobre -, sa coalition n'avait "pu trouver de représentants pour surveiller les opérations" de vote.

Le scrutin avait été placé sous très haute surveillance militaire. Le long entre-deux-tours – la tenue du second tour a été reportée à trois reprises – a été marqué par des accusations de fraudes, de luttes d’influence au sein de la Céni et de tensions ethniques entre Peuls et Malinkés, les ethnies dont sont respectivement issus Cellou Dalein Diallo et Alpha Condé.

 

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