LÉGISLATIVES BIRMANES

Le parti créé par la junte revendique 80 % des suffrages

Le Parti de la solidarité et du développement de l'Union, la formation créée par la junte birmane à l'occasion des législatives du 7 novembre, affirme avoir remporté quelque 80 % des voix lors du scrutin. L'opposition parle de jeu déloyal.

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AFP - Le parti politique créé par la junte birmane pour la représenter aux élections de dimanche, les premières depuis 20 ans, revendique aux alentours de 80% des voix, a indiqué mardi à l'AFP un de ces hauts-responsables.

"Nous avons gagné environ 80% des voix", a-t-il affirmé, ajoutant que l'ex-numéro trois de la junte, le général Thura Shwe Mann, qui a pris sa retraite de l'armée il y a quelques semaines pour se présenter, avait été lui même élu.

Le scrutin a été marqué par de multiples accusations de fraude à l'encontre du Parti de la solidarité et du développement de l'Union (USDP), dirigé par le Premier ministre Thein Sein.

Le processus électoral tout entier a été condamné par l'Occident et les Nations unies, en l'absence de l'opposante Aung San Suu Kyi, vainqueur des élections précédentes en 1990 avec la Ligue nationale pour la démocratie (LND), sans jamais accéder au pouvoir.

La lauréate du prix Nobel de la paix est aujourd'hui encore maintenue en résidence surveillée, comme pendant 15 des 21 dernières années, mais pourrait être libérée cette semaine.

Le responsable a par ailleurs fait état d'une participation d'environ 70%, soit 10% de plus qu'une première estimation d'un haut-responsable politique lundi soir.

La Force démocratique nationale (NDF) et le Parti démocrate (PD), les deux plus importantes formations d'opposition démocratiques, ont tous les deux protesté contre des malversations des militaires, en particulier via la collecte de votes avant même le scrutin.

Lundi soir, ils ont reconnu des résultats en deçà de leurs espérances.

"C'est très différent de ce que l'on attendait à cause de ce jeu déloyal. Nous avons nos preuves. Des candidats se sont plaints (...) parce qu'il y a eu des tricheries", a indiqué le président de la NDF Than Nyein.

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Rencontre avec la milice Karen - Cyril Payen (diffusé le 4 novembre 2010)

Thu Wai, président du PD, avait pour sa part reconnu des mauvais résultats "non seulement à cause des votes (recueillis) à l'avance mais aussi parce que nous n'avions pas de représentants dans tous les bureaux de vote" au moment du dépouillement.

Plusieurs experts et militants en exil ont eux aussi fait état de malversations généralisées.

Le scrutin a été décrit par les analystes comme un simulacre destiné à doter le pouvoir militaire d'une légitimité électorale, même si les assemblées nouvellement créées pouvaient à terme fournir un espace de parole pour l'opposition.

Un quart des sièges a été réservé par la constitution aux militaires en activité, empêchant mathématiquement la répétition de la victoire de l'opposition en 1990.

Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a indiqué lundi via son porte-parole que les élections avaient été "insuffisamment transparentes, ouvertes et pluralistes".

"Les autorités doivent démontrer que ce vote fait partie d'une transition crédible, d'une réconciliation nationale et d'un respect des droits de l'homme", a-t-il ajouté.

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