SOMMET DE SÉOUL

La France prend les rênes du G20 avec "ambition et réalisme"

Si le sommet de Séoul se conclut sur un accord modeste, le président Nicolas Sarkozy affirme sa volonté de travailler "collectivement" pour faire avancer les principaux chantiers, notamment l'amélioration de l'ordre monétaire mondial.

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La France prend ce vendredi, à l'issue du sommet de Séoul, la présidence du G20. "Nous abordons cette présidence avec ambition et réalisme, a déclaré le président français Nicolas Sarkozy. Le G20 d'après la crise doit porter les bases de réformes structurelles dont le monde a besoin, pour ne pas perdre sa légitimité."

Ce sommet s'achève sur un accord a minima. Après des débats houleux, les chefs d'État et de gouvernement des vingt pays les plus industrialisés de la planète (dix-neuf pays et l'Union européenne) ont notamment décidé de s'attaquer "aux tensions et aux points faibles" du système monétaire mondial, sans avancer d'objectifs chiffrés ni de modalités précises. "Les leaders ont fait des déclarations de bonne volonté mais il n'y a pas de grandes avancées", commente Karina Chabour, spécialiste économie de FRANCE 24.

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"Il faut construire un système monétaire international plus stable et plus résistant" (Sarkozy)

Pour Nicolas Sarkozy cependant, "mieux vaut un accord qu'un désaccord". Le chef de l'État a salué des progrès. "Pour la première fois, le G20 a dit que son objectif était de construire un ordre monétaire plus stable et plus résistant, et a confié un mandat à la France pour y parvenir", a-t-il relevé.

"C'est déjà un succès que les Vingt acceptent de considérer que l'ordre monétaire est un problème, a ajouté le président français. Ce n'était pas le cas avant. Lorsque nous avons évoqué l'idée d'un nouveau Bretton Woods [accords signés en 1944 sur le système financier international] il y a deux ans aux États-Unis, tout le monde se demandait de quoi on parlait... Aujourd'hui, la nécessité d'améliorer l'ordre monétaire international fait l'unanimité au G20."

Travailler "collectivement"

Outre l'amélioration de l'ordre monétaire international, les deux autres volets principaux de la présidence française du G20 seront la réforme de la gouvernance et la régulation des marchés des matières premières. Paris entend également travailler à la moralisation du capitalisme, notamment sur une stricte surveillance des rémunérations des traders et des paradis fiscaux. Un sujet qui est depuis plusieurs années le cheval de bataille de la France : lors du G20 de 2009 à Pittsburgh, Nicolas Sarkozy s'était déjà engagé sur la question des bonus.

Nicolas Sarkozy a reconnu que ces dossiers étaient des "chantiers colossaux", qui nécessiteraient plus d'un an de travail. Il a assuré vouloir travailler "avec le sens du collectif". "Nous ne pouvons rien dicter aux États-Unis ou à la Chine, a-t-il expliqué. Dans un premier temps, nous souhaitons parler à tout le monde et rassembler sur un constat partagé. Puis dans un second temps, nous ferons des propositions."

Le chef de l'État français a annoncé qu'il devrait rencontrer d'ici à la fin de l'année le président américain Barack Obama, le président sud-africain Jacob Zuma ou encore le Premier ministre indien, Manmohan Singh.

 "On sent que Nicolas Sarkozy est très prudent, juge Stéphanie Antoine, envoyée spéciale de FRANCE 24 à Séoul. Il va se transformer pendant cette présidence en véritable diplomate. Nous sommes dans une atmosphère post-crise, tout est extrêmement flou, on parle de grands principes... Il va être très difficile d'arriver à des décisions concrètes."

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"Il est important que la Chine [...] effectue la transition vers un système fondé sur le marché" (Obama)

 

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