FRANCE

Le président Sarkozy reconduit Fillon au poste de Premier ministre

Maintenu à la tête du gouvernement, François Fillon doit nommer un nouveau cabinet au plus tard lundi matin. Son rival malheureux, Jean-Louis Borloo, a confié ne pas vouloir "appartenir" à la future équipe gouvernementale.

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Le président français, Nicolas Sarkozy, a mis fin au suspense ce dimanche. Dans un communiqué de l’Élysée, le chef de l’exécutif a fait savoir qu’il reconduisait François Fillon au poste de Premier ministre. Ce dernier avait posé sa démission, comme l’exige la procédure, samedi soir, au terme d’une ultime journée de consultations au palais présidentiel. Maintenu à la tête du gouvernement, Fillon doit nommer un nouveau cabinet au plus tard lundi matin.

Le Premier ministre démissionnaire conserve finalement son poste, comme cela était attendu, alors que l’hypothèse d’une nomination du ministre de l’Écologie, Jean-Louis Borloo, avait été écartée plus tôt dans la semaine. En reconduisant François Fillon, 56 ans, à son poste, Nicolas Sarkozy mise sur la continuité en renouvelant sa confiance à un homme qui jouit d’une grande popularité dans l’électorat de droite et auprès des parlementaires de la majorité.

Surtout, "Sarkozy nomme un fidèle car, en nommant un deuxième Premier ministre, il perd son pouvoir de révocation", note Denis Jeambar, ancien rédacteur en chef de l'hebdomadaire "L'Express".

Politique de rigueur

"Après trois années et demie de réformes courageuses [...], je m'engage, sous l'autorité du chef de l'État, avec détermination, dans une nouvelle étape qui doit permettre à notre pays de renforcer la croissance de son économie au service de l'emploi, de promouvoir les solidarités et d'assurer la sécurité de tous les Français", a réagi dans un communiqué le Premier ministre en poste depuis l’accession, en 2007, de Nicolas Sarkozy à l’Élysée.

Sur la feuille de route de la fin de quinquennat du chef de gouvernement figure à présent la mise en place d’une politique de rigueur. Un programme qui colle à l’image de François Fillon, qui, depuis le début de son mandat, a plusieurs fois tiré la sonnette d’alarme sur l’état de finances publiques.

"Cela montre de fait que Nicolas Sarkozy n'a pas de scénario politique alternatif à la poursuite d'une politique d'austérité et de sacrifices pour les Français", a commenté le porte-parole du Parti socialiste (PS), Benoît Hamon, qui a également déploré la "reconduction d'un Premier ministre en échec [...] par un président de la République lui-même en échec."

Borloo souhaite quitter le gouvernement

François Fillon se voit à présent charger de former un nouveau gouvernement, dont la composition devrait être connue dimanche soir ou lundi matin, d’après Matignon. Selon les informations qui filtrent de l’exécutif, le maire de Bordeaux, Alain Juppé, devrait notamment effectuer son retour au sein d’une équipe gouvernementale resserrée.

Quant au ministre de l'Écologie, Jean-Louis Borloo, rival malheureux de Fillon, il se serait vu proposer "des postes prestigieux : Affaires étrangères, Justice, le même ministère très élargi et plus puissant", confie un de ses proches. Après avoir "tranquillement" examiné ces propositions, l'ancien maire de Valenciennes a indiqué dans un bref communiqué qu'il ne souhaitait pas faire partie de la nouvelle équipe formée par le président Nicolas Sarkozy et le Premier ministre François Fillon.

Dans la liste des autres ministres donnés sur le départ figurent, entre autres, Bernard Kouchner, l'actuel ministre des Affaires étrangères, qui avait "songé à démissionner" en pleine politique sur les Roms, la garde des Sceaux, Michèle Alliot-Marie, ou encore la secrétaire d'État à la Ville, Fadela Amara.
 

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