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Un remaniement bien fade aux yeux de la presse nationale et internationale

Au lendemain de l'annonce de la composition du nouveau gouvernement, une nouvelle fois placé sous la houlette de François Fillon, la presse internationale et les médias français dénoncent un changement a minima après des mois de tergiversations.

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On ne l’attendait plus, il est arrivé. Le remaniement, arlésienne de la vie politique française, a finalement été dévoilé dimanche soir. Dans la lignée du "tout ça pour ça" lancé par Martine Aubry, secrétaire générale du Parti socialiste français après l’annonce de la composition du nouveau gouvernement, la plupart des quotidiens français fustigent la longueur du processus, annoncé depuis plus de quatre mois, pour un résultat qualifié de "mascarade" en Une de "l’Humanité". Dans les colonnes du quotidien d’opposition, Patrick Apel-Muller fait une critique acerbe de "la comédie du remaniement ministériel", "théâtre de faux-semblants, d'ambitions présentées comme des otaries de cirque sous la badine de l'Élysée, d'humiliations soigneusement présentées au public."

Pour Michel Urvoy, directeur de la rédaction de Ouest-France, "la surprise, c'est qu'il n'y en a pas". Dénonçant de longs mois "de sursis démobilisateur et de rivalités usantes", il blâme Nicolas Sarkozy pour des choix opérés "dans une relative précipitation". Dans la même veine, Laurent Joffrin évoque dans le quotidien Libération une "montagne de communication [qui] accouche d’une souris politique". Pour lui, "la continuité prévaut largement sur le changement". Pressé par les membres de la majorité, Nicolas Sarkozy a reconduit dans ses fonctions François Fillon, son Premier ministre depuis 2007. "Fillon garde Sarko" titre d’ailleurs laconiquement le quotidien. "Du coup, ce n’est pas le gouvernement qui est remanié, c’est le sarkozysme", poursuit, ironique, son directeur de la rédaction. "Ce devait être un électrochoc, c’est une panne de courant", conclut-il.

François Fillon, icône de la continuité

Pour "Le Figaro", il ne s’agit pas pour le Premier ministre "d’amorcer un virage à 180 degrés" mais bien de proposer une "nouvelle étape". L’atout phare de François Fillon : sa popularité. "Tous les candidats déclarés ou semi-déclarés avaient évidemment des qualités, mais aucun n’en réunissait autant que François Fillon", affirme, dithyrambique, Paul-Henri du Limbert dans son éditorial. En écartant l’ancien ministre de l’Énergie Jean-Louis Borloo, un temps pressenti pour Matignon, Nicolas Sarkozy a éloigné l’idée d’un "virage social", idée "séduisante mais […] surtout sur le papier", écrit-il. "Quelle cohérence y aurait-il eu à faire miroiter des mesures sociales alors que le Parlement examine en ce moment même le budget le plus rigoureux que la France ait connu depuis plus de trente ans ?", s’interroge l’éditorialiste. "Nous allons échapper à un virage au tournant social", estime en écho François Lenglet, dans "La Tribune".

Et, de fait, l’ouverture maintenue dans les précédents gouvernements se referme à présent. Bernard Kouchner, Fadela Amara, Rama Yade, Hervé Morin et Jean-Marie Bockel ont été remerciés. De fidèles sarkozystes – Alain Juppé et Frédéric Lefebvre – ont fait leur entrée dans la nouvelle équipe de Fillon. "Nicolas Sarkozy s’ouvre à la droite et fâche le centre", analyse Le Parisien. Cité par le quotidien, un proche du président résume : "ce n’est pas le bouleversement cosmique. Sarkozy est entré en campagne, il garde ses chaussons".

La presse internationale se fait l’écho de cette presse française peu emballée : "un remaniement limité après des mois de drame", affirme The Guardian, qui souligne cependant que "Sarkozy risque de paraître faible en gardant Fillon comme Premier ministre". Pour le quotidien espagnol ABC, "Sarkozy récupère les poids lourds conservateurs" et met ses troupes en ordre de bataille pour l’élection de 2012. L’arrivée de Michèle Alliot-Marie est toutefois remarquée par le quotidien conservateur : la nouvelle ministre des Affaires étrangères est une "grande connaisseuse du problème basque"".

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