PRÉSIDENTIELLE GUINÉENNE

Alpha Condé arrive en tête du scrutin présidentiel avec 52,52 % des voix

En Guinée, la Commission électorale a communiqué les résultats du second tour de la présidentielle : Alpha Condé remporte l'élection avec 52,52% des voix. Depuis cette annonce, des coups de feu ont été entendus dans la capitale, Conakry.

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Le président de la Commission électorale nationale indépendante (Céni) de Guinée a finalement annoncé, lundi soir, la victoire d'Alpha Condé, candidat du Rassemblement du peuple de Guinée (RPG) à l'élection présidentielle, avec 52,52 % des voix.

Candidat du Rassemblement du peuple de Guinée (RPG), Alpha Condé, qui appartient à l'ethnie malinké, est arrivé en deuxième position au premier tour de scrutin, avec 18,25 % des voix. Opposant historique des deux premiers chefs de l'État guinéen, Sékou Touré (1958-1984) et Lansana Conté (1984-2008), il a déjà participé à deux présidentielles, en 1993 et en 1998. Longtemps exilé en France, incarcéré au lendemain de la présidentielle de 1998, il a été condamné en 2000 à cinq ans de prison pour "atteintes à l’autorité de l’État et à l’intégrité du territoire national", avant d’être gracié en 2001.
 

La victoire de cet opposant historique, qui se targue de n’avoir participé à aucun des régimes dictatoriaux ou autoritaires qui se sont succédé en Guinée depuis 52 ans, a été accueillie par des cris de joie : "Vive la démocratie, vive le changement", a rapporté notre envoyée spéciale à Conakry, Pauline Simonet. En revanche, aucun représentant du parti politique de son rival, Cellou Dalein Diallo (de l’Union des forces démocratiques de Guinée - UFDG), n’était présent lors de l’annonce des résultats.

Depuis son quartier général, où ses partisans célébraient la victoire par des chants et des danses, Alpha Condé a adressé des félicitations à son adversaire et s’est engagé à œuvrer comme président de tous les Guinéens, signale encore la correspondante de France 24. "Le temps est venu de se donner la main", a déclaré Alpha Condé. 

Le bout du tunnel électoral

Ces résultats officiels, bien que provisoires, ont été longuement attendus depuis le deuxième tour du scrutin - le 7 novembre -, qui s’est tenu quatre mois après le premier tour. Ils doivent maintenant être avalisés par la Cour suprême. "Nous voilà au bout du tunnel", s’est néanmoins exclamé le président de la Céni.

Lundi matin, Alpha Condé, âgé de 72 ans, avait donné une conférence de presse pour revendiquer la victoire. Peu après, des heurts avaient éclaté dans certains quartiers de Conakry entre forces de l’ordre et partisans du candidat arrivé en tête du premier tour, Cellou Dalein Diallo - qui a aussi annoncé être le "vainqueur" en se basant sur des résultats "purgés" des fraudes. La police a indiqué que le bilan provisoire de ces affrontements s’établit à au moins deux morts et des dizaines de blessés.

Le camp de Cellou Dalein Diallo a pour sa part déposé une trentaine de réclamations, qui concernent principalement les fiefs d’Alpha Condé en Haute-Guinée. "Il y a certes eu des irrégularités, d’après les observateurs que nous avons rencontrés, mais ils nous ont assuré que la victoire de Condé reflète bien ce qu’ils ont pu constater dans les différents bureaux de vote du pays", explique Pauline Simonet. "Pour expliquer le fait qu’Alpha Condé soit passé de 18% des voix au premier tour à 52,52% au second tour, il faut souligner que le vote a, de toute évidence, été ethnique. Il y a eu un report des voix de deux autres ethnies - les sousous et les forestiers - en faveur d’Alpha Condé", poursuit notre envoyée spéciale.

Risque d'embrasement dans certains quartiers de Conakry

"On pensait que Diallo n’aurait aucun problème à l’emporter", rappelle, sur le plateau FRANCE 24, Antoine Glaser, ancien directeur de "La Lettre du continent", qui craint que le pays ne connaisse une nouvelle période de troubles malgré "l'avancée formidable qu’a été la tenue de cette première élection démocratique". "Si les deux leaders ne s’entendent pas et si l’un d’eux ne reconnaît pas sa défaite, il y a un risque que l’armée revienne au pouvoir", prévient-il.

À Conakry, l’armée quadrille la ville pour parer à tout risque de débordement. "L’inquiétude est forte", témoigne Pauline Simonet. "La violence des propos de membres de l’Union des forces démocratiques de Guinée fait craindre qu’à nouveau ils ne descendent dans la rue. Les forces de l’ordre son déployées en masse pour éviter que la situation ne s’embrase dans certains quartiers de la ville."

Lundi soir, sitôt après la proclamation des résultats, des coups de feu ont été entendus dans les quartiers de la ville qui s’étaient embrasés durant la journée.
 

 

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