ITALIE

Quatre membres du gouvernement Berlusconi démissionnent

Nouvelle étape dans la crise politique italienne : deux membres du gouvernement, partisans de Gianfranco Fini, ont démissionné et deux autres devraient suivre. Si ces départs n'entraînent pas une chute du gouvernement, Berlusconi est affaibli.

Publicité

REUTERS - Deux partisans de Gianfranco Fini, le ministre des Affaires européennes Andrea Ronchi et le vice-ministre Adolfo Urso, ont démissionné lundi du gouvernement de Silvio Berlusconi.

Ces départs devraient être suivis de ceux de deux secrétaires d'Etat également fidèles à Gianfranco Fini.

Le président de la Chambre des députés avait prévenu qu'il demanderait à ses partisans présents au gouvernement de quitter leurs fonctions si Berlusconi ne démissionnait pas lui-même pour permettre la formation d'un cabinet ouvert au centre.

Ces défections n'entraîneront pas automatiquement la chute de l'équipe gouvernementale mais viennent compliquer encore la tâche du président du Conseil et renforcent la perspective d'élections anticipées dans les prochains mois.

L'avenir du gouvernement est incertain depuis que Silvio Berlusconi a contraint, en juillet dernier, son grand rival Gianfranco Fini et ses partisans à quitter le parti du Peuple de la liberté (PDL) que les deux hommes avaient fondé en 2008, avant les dernières législatives.

La crise s'est accentuée depuis plusieurs semaines avec un nouveau scandale touchant à la vie privée du "Cavaliere". Agé de 74 ans, le président du Conseil est au centre d'une affaire de moeurs liée à Ruby, jeune danseuse de night-club marocaine qui affirme avoir participé, avant ses 18 ans, à une soirée privée cette année dans la villa lombarde de Berlusconi, à Arcore, en échange de 7.000 euros.

"Nous sommes tous d'accord aujourd'hui sur la nécessité de passer à une nouvelle étape", a déclaré Adolfo Urso, l'une des chevilles ouvrières de Futur et liberté pour l'Italie (FLI), le nouveau parti créé par Fini.

"Nous voulons représenter la tête de pont du centre droit italien et une nouvelle phase dans la politique italienne", a-t-il dit peu avant l'annonce de sa démission par le ministère de l'Industrie.

it

 
Emergence d'une "troisième voie"

Fini, qui accuse Berlusconi de diriger l'Italie comme une simple entité de son empire industriel, a réclamé la démission du président du Conseil lors du congrès inaugural du FLI le 7 novembre dernier à Pérouse.

Cherchant à reprendre l'initiative, Berlusconi a annoncé samedi soir qu'il demanderait un vote de confiance dans les deux chambres du Parlement - le Sénat et la Chambre des députés - une fois voté le budget 2011, probablement vers la mi-décembre.

Si le chef du gouvernement dispose toujours d'une majorité - même courte - au Sénat, ce n'est plus le cas à la Chambre après la défection des élus "finiens", au nombre d'une quarantaine.

Si Berlusconi n'obtient pas la confiance au Parlement, il devra démissionner. Plusieurs scénarios sont alors possibles, y compris des élections législatives anticipées l'an prochain, avec deux ans d'avance sur le calendrier.

Dernière alliée de Berlusconi au gouvernement, la Ligue du Nord d'Umberto Bossi n'a pas exclu que le "Cavaliere" démissionne, puis tente de former une nouvelle équipe.

Une option rejetée par Fini, qui plaide pour une nouvelle coalition de centre droit élargie aux chrétiens-démocrates.

En cas d'élections anticipées, une enquête publiée par le Corriere della Sera ne donne qu'une faible avance sur le centre gauche à la coalition formée du Peuple de la liberté, le parti de Berlusconi, et la Ligue du Nord.

Le FLI est crédité d'environ 8% des intentions de vote, l'Union des chrétiens-démocrates (UDC) de 5,8% - ce qui fait de ce bloc de la "troisième voie" un partenaire incontournable pour toute future majorité.

Le résumé de la semaineFrance 24 vous propose de revenir sur les actualités qui ont marqué la semaine