ROYAUME-UNI

La presse s'insurge contre la possibilité d'un soutien britannique à l'Irlande

Les journaux conservateurs tirent à boulets rouges sur l’Irlande et sur l’Union européenne en se raccrochant à la sacro-sainte indépendance de la livres sterling. La presse, dans son ensemble, critique toute aide financière britannique.

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Le ministre britannique des Finances, Georges Osborne, a peut-être fait plaisir à ses partenaires européens, mais sûrement pas à la presse anglaise. En déclarant mercredi que le gouvernement était prêt à participer à un plan d’aide européen au secteur bancaire irlandais, il va à contre-courant des principaux éditorialistes du pays.

La presse conservatrice, toujours prompte à brandir son euroscepticisme, ne mâche pas ses mots à l’égard de la débâcle actuelle du voisin irlandais. Le Sun, le plus populaire des quotidiens tabloïds, plaint les "pauvres Irlandais" qui paient le prix de la "soumission à Bruxelles" de leur pays. Il revendique la paternité du refus britannique de rentrer dans l’euro et appelle de ses vœux le gouvernement britannique "à rester en dehors de tout ça" et à se raccrocher à sa livre sterling.

La fierté d’avoir évité "le piège de l’euro", comme le qualifie le Daily Mail, quotidien également de droite, amène un autre journal conservateur, le Daily Telegraph à faire une drôle de proposition aux Irlandais : quitter l’euro et prendre la livre sterling comme monnaie nationale. "Les Irlandais sont nos amis et nous avons une longue histoire commune"; justifie le quotidien.

Le Royaume-Uni, malgré tout, ne peut pas rester les bras croisés

Le contexte historique est également l’argument utilisé par le quotidien de gauche The Guardian pour souligner l’ironie de la situation. "Depuis deux décennies, L’Irlande a préféré s’unir avec d’autres pays européens que le Royaume-Uni et, maintenant, dans un retournement de situation, nous nous apprêtons à participer à un plan d’aide européen", note le journal.

La majorité de la presse anglaise reproche surtout au gouvernement de David Cameron de voler au secours de l’Irlande alors que l’argument principal pour rester en dehors de la zone euro était justement d’éviter ce genre de situation. "C’est vrai que nous tenons généralement à rester en dehors de ces problèmes", a reconnu mercredi Georges Osborne.

Reste qu’une bonne partie des éditorialistes admettent également que la Grande-Bretagne peut difficilement rester les bras croisés sur le bord de l’autoroute de la faillite irlandaise. "Le Royaume-Uni va inévitablement être tenté d’aider l’Irlande, jusqu’à 12 milliards de livres (14,1 milliards d'euros), ne serait-ce que parce que nous avons une frontière terrestre avec eux", reconnaît le très conservateur Daily Mail. Le Financial Times, de son côté, rappelle que les liens économiques entre les deux pays vont nécessiter, au final, que le Royaume-Uni mette la main à la poche pour éviter un effondrement irlandais.

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