AUTOMOBILE

Retour historique de General Motors à Wall Street

Sorti de la cote après son dépôt de bilan en juin 2009, l'Américain General Motors revient en bourse et s'apprête à réaliser une vente record. GM pourrait lever 20,1 milliards de dollars, soit la plus importante introduction en bourse aux États-Unis.

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AFP - L'introduction en Bourse de General Motors (GM) va lever jeudi au moins 20,1 milliards de dollars ce qui en fera la plus grosse jamais intervenue aux Etats-Unis et pourrait même dépasser le record mondial détenu par l'Agricultural Bank of China.

Le premier constructeur automobile américain a annoncé mercredi que son introduction en Bourse aurait lieu le lendemain au prix de lancement de 33 dollars par action ordinaire.

"L'offre totale sera de 20,1 milliards de dollars ou de 23,1 milliards de dollars si les options de surallocation", c'est-à-dire les émissions éventuelles d'actions supplémentaires en cas de forte demande, sont pleinement exercées, ajoute-t-il.

GM va donc battre le record de Visa, qui avait levé 19,7 milliards de dollars en 2008, ce qui en faisait jusqu'alors la plus grosse introduction boursière jamais connue aux Etats-Unis.

Si elle prend sa forme maximale, l'opération pourrait même battre le record mondial de la banque chinoise AgBank, qui a levé 22,1 milliards de dollars au mois d'août en se lançant en Bourse.

"Alors que nous nous préparons à entrer sur les marchés d'actions, tout le monde chez GM est très heureux de cette étape historique", a commenté Chris Liddell, directeur financier du groupe, dans un communiqué.

"Nous sommes particulièrement reconnaissants à ceux qui sont restés à nos côtés aux heures les plus difficiles" dans GM, a-t-il ajouté.

"Il semble que GM va devenir la plus grosse introduction en Bourse aux Etats-Unis, il y a beaucoup d'enthousiasme de la part des investisseurs parce qu'ils anticipent un joli rebond de l'économie", a commenté Peter Cardillo, d'Avalon Partners.

Le succès attendu de l'opération symbolise la spectaculaire renaissance de General Motors, ex-fleuron industriel américain tombé à genoux l'an dernier, après avoir accumulé 86 milliards de dollars de pertes entre 2005 et 2008.

Membre du prestigieux indice Dow Jones depuis 1925, il avait été sorti de la cote en déposant son bilan en juin 2009, croulant sous le poids des dettes, de coûts fixes très élevés dans un marché déprimé, et d'un désamour pour des véhicules trop gros et consommant trop d'essence à l'ère du pétrole cher.

Le constructeur centenaire n'a dû sa survie qu'aux aides massives très controversées du gouvernement américain, qui ont atteint 49,5 milliards de dollars au plus fort de la crise.

Le président Obama n'a pas oublié le rude combat qu'il a dû mener pour sauver GM et Chrysler mais a souligné dans un communiqué que cela avait "permis de sauver des emplois, de venir au secour d'un secteur qui est au coeur de l'industrie manufacturière américaine et de la rendre plus apte à affronter la concurrence".

GM avait émergé de la faillite en juillet 2010 délesté d'une grande partie de ses dettes, avec une structure allégée, et le gouvernement américain était devenu actionnaire à hauteur de près de 61%, aux côtés de l'Etat canadien (11,7% du capital), du syndicat automobile américain UAW (17,5%), et de divers autres créanciers.

Le constructeur s'est concentré sur quatre marques principales, GMC, Chevrolet, Buick et Cadillac, sans compter Opel/Vauxhall en Europe ou des marques comme Daewoo en Asie, en sacrifiant quatre autres.

Il est revenu dans le vert dès le premier trimestre 2010 et devrait afficher sa première année bénéficiaire depuis 1994.

La vente des actions ordinaires devrait rapporter entre 11,7 et 13,6 milliards de dollars nets au Trésor, a indiqué ce dernier dans un communiqué.

GM percevra de son côté environ 4,35 milliards de dollars issus de la vente d'actions préférentielles.

La part du gouvernement américain doit tomber sous 37% à l'issue de l'introduction boursière et pourrait même descendre jusqu'à 33% si les options d'émissions d'actions supplémentaires sont exercées.

Pour autant, le Trésor américain ne devrait pas solder sa participation avant des mois voire des années.
 

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