NIGERIA

Les deux otages français libérés mercredi rentrent à Paris en toute discrétion

Les deux ex-otages français de la société Afren enlevés par le Mend sont rentrés en France ce vendredi. Accueillis par deux responsables de leur entreprise, ils n'ont donné aucune conférence de presse : un retour dans la plus grand discrétion.

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AFP - Gilles Mignon et Patrick Wezer, les deux Français enlevés dans la nuit du 7 au 8 novembre sur une plateforme pétrolière au Nigeria et libérés mercredi avec 17 autres otages, sont arrivés vendredi matin à Paris dans la plus grande discrétion.

Ils sont arrivés sur un vol commercial d'Air France parti jeudi soir de Lagos et "ont été accueillis par deux responsables de leur société", la société Afren, à l'aéroport parisien de Roissy-Charles de Gaulle, selon une source aéroportuaire.

"Les deux otages et quatre accompagnants sont arrivés sur le vol AF 3051, ils ont été dirigés depuis les pistes vers le salon 200 (un salon privé, ndlr)", a ajouté une autre source aéroportuaire.

Les journalistes présents n'ont pas pu les apercevoir.

Mercredi soir, dans un communiqué, la ministre des Affaires étrangères, Michèle Alliot-Marie s'était "réjouie de la libération des deux Français qui avaient été pris en otages". Elle n'a donné aucune indication quant aux conditions de libération des otages.

Aucune rançon n'a été versée pour la libération des 19 hommes, a déclaré jeudi soir devant la presse à Port Harcourt, le général Charles Omoregie.

Lors de cette conférence de presse organisée par l'armée, les 19 ex-otages ont raconté une épreuve "traumatisante".

Le Français Gilles Mignon s'est contenté de déclarer: "C'est super d'être libre. C'est tout ce que je peux dire".

"C'était une expérience traumatisante et je ne souhaite à personne de vivre une telle situation", a témoigné le Canadien Robert Croke. Blessé au pied par une balle qui a ricoché, il a expliqué que les captifs devaient récupérer l'eau de pluie pour boire et se laver.

L'Américain James Robertson a déclaré qu'il "s'était senti comme en prison". "Je n'imaginais pas que l'on puisse endurer une telle situation", a-t-il ajouté, l'air fatigué mais soulagé.

Le principal groupe armé du sud pétrolifère, le Mouvement pour l'émancipation du delta du Niger (Mend) avait revendiqué l'enlèvement de 14 de ces 19 otages.

Le Mend qui affirme lutter depuis 2006 pour une meilleure répartition des revenus pétroliers, notamment dans la région du Delta dont la population vit dans la pauvreté, a mené des dizaines d'attaques dans cette région au cours des dernières années.

L'armée nigériane avait lancé samedi une mise en garde sévère aux groupes armés opérant dans la région pétrolifère du delta du Niger, déclarant qu'elle ne tolérerait plus leurs actes criminels, dont les enlèvements.

Trois employés de la société Bourbon, également enlevés sur une plateforme au large des côtes nigérianes, avaient été libérés le 10 novembre.

Huit Français restent détenus en otages dans le monde. Cinq sont retenus dans le nord du Mali par la mouvance d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), deux journalistes de la chaîne publique France 3 ont été enlevés en Afghanistan fin décembre 2009, et un agent des services du renseignement est détenu en Somalie depuis le 14 juillet 2009.

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