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Heurts entre jeunes et casques bleus à Port-au-Prince

Des centaines de jeunes se sont opposés aux forces de l'ONU à Port-au-Prince. Ils accusent les casques bleus d'être responsables de l'épidémie de choléra. De véritables scènes de guérilla urbaine ont eu lieu, notamment près du palais présidentiel.

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AFP - Plusieurs centaines de jeunes ont pris pour cible jeudi les soldats de l'ONU dans le centre la capitale haïtienne Port-au-Prince, lançant des pierres et érigeant des barricades lors d'une manifestation suscitée par l'épidémie de choléra, a constaté l'AFP.

Une ambiance de guérilla urbaine régnait aux abords du Champ de Mars, tout près du

Le choléra dans le monde
Le choléra dans le monde

Palais présidentiel: des coups de feu étaient entendus, sans que l'on puisse dire d'où ils provenaient, tandis que des gaz lacrymogènes rendaient l'air irrespirable.

Des pneus en feu et des bennes à ordure bloquaient plusieurs carrefours de la capitale, où les Casques bleus n'avaient jusqu'à présent jamais été pris pour cible depuis le tremblement de terre de janvier.

Les jeunes s'en sont pris à une petite dizaine de soldats de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (Minustah) qui se trouvaient à l'arrière d'une camionnette découverte. Un des soldats, qui avaient mis en joue les manifestants sans toutefois les freiner dans leur élan, est tombé du véhicule. Il a été la cible de tirs de pierres avant de réussir à y remonter.

Des rumeurs circulent dans le pays sur l'origine de la bactérie, incriminant les humanitaires étrangers et particulièrement des soldats népalais de l'ONU. "Certains pensent que des matières organiques humaines jetées dans une rivière (...) par la Minustah sont à l'origine de l'épidémie (...), mais (la mission) utilise en fait sept fosses septiques", se défend la Mission des Nations unies pour la stabilisation en Haïti (Minustah).

À Genève, une responsable de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a affirmé qu'il était "absolument impossible" que la maladie ait été apportée par des humanitaires venant d'autres pays. Selon elle, ce n'est pas la première fois que le choléra apparaît dans un pays sans qu'aucune explication soit trouvée.

"Le choléra, c'est la Minustah qui nous a donné ça" ou "Minustah allez-vous-en", criaient en créole les manifestants rassemblés tout près d'un vaste camp de réfugiés du séisme, qui a fait plus de 250.000 morts.

"La Minustah répand des excréments dans la rue", pouvait-on lire sur une pancarte, alors que des rumeurs démenties par l'ONU accusent des Casques bleus népalais d'avoir apporté le choléra dans l'île.

Les jeunes, qui ont cherché dans un premier temps à se rendre au siège de la Mission de l'ONU, tournaient dans le centre de la capitale à la recherche de forces de l'ordre à caillasser.

L'épidémie de choléra, qui sévit depuis la mi-octobre dans le pays, le plus pauvre du continent américain, a déjà fait 1.110 morts et touché quelque 18.000 personnes. La maladie a franchi cette semaine les frontières, avec un cas en République dominicaine et un autre en Floride (sud-est des Etats-Unis).

"On manifeste contre le pouvoir et la Minustah qui ne fait rien. La Minustah devait pacifier le pays et partout où elle est, c'est pire. La Minustah tue des Haïtiens", assure Ladiou Novembre, un professeur de l'enseignement secondaire de 38 ans.

"Les dirigeants haïtiens ont oublié la population", ajoute M. Novembre, à dix jours des élections législatives et présidentielle du 28 novembre. "Il n'y a pas d'infrastructures, pas d'éducation, le choléra ravage le peuple et le président ne dit pas un mot".

Mercredi, un homme a été tué par balles et plusieurs personnes ont été blessées, après des heurts également entre Casques bleus et manifestants au Cap-Haïtien, deuxième ville du pays située à quelque 300 km au nord de la capitale, selon un source policière.

En début de semaine, des heurts avaient déjà fait deux morts et 14 blessés dans la même ville, ainsi que six blessés parmi les soldats de l'ONU à Hinche (centre).

Des responsables d'organisations humanitaires se sont plaints mercredi du fait que les affrontements compromettaient leurs activités, tandis qu'un responsable de l'ONU a jugé que ces manifestations étaient "clairement orchestrées".

L'organisation humanitaire Oxfam a dit craindre que les affrontements ne favorisent la propagation de l'épidémie.

La Croix-Rouge française (CRF) a annoncé jeudi qu'elle allait "prendre en charge l'ensemble des 30 centres de soins de Port-au-Prince pour y installer des unités de traitement du choléra (UTC)", afin de lutter contre l'épidémie.

Qu'est-ce que le choléra ?

 

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