TENNIS

Le gratin du tennis mondial presse l'ATP d'alléger le calendrier

En marge des Masters de Londres, l'ATP doit se prononcer sur un éventuel allègement du calendrier du circuit masculin. Un changement que les meilleurs joueurs professionnels, qui se disent surmenés, appellent de leurs vœux.

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Alors que les huit meilleurs joueurs de tennis mondiaux se retrouvent à partir de dimanche pour disputer la finale des Masters à l’O2 Arena de Londres, les instances dirigeantes de l’Association Tennis Professionals (ATP) doivent eux aussi se réunir dans la capitale britannique, ce samedi, pour discuter d’un possible allègement du calendrier du circuit masculin.

Une mesure qui tient à cœur aux joueurs professionnels les plus en vue, dont Roger Federer qui ne bouderait pas une période de repos plus longue durant la saison. "Quatre semaines, cela ne suffit pas comme intermède entre deux saisons. Six semaines, c'est déjà mieux. Cela vous permet de prendre vraiment deux semaines de vacances avant de reprendre l'entraînement", avait déclaré le tennisman suisse lors d'une conférence de presse en marge des Masters de Paris-Bercy, la semaine dernière.

Quelque 26 tournois disputés chaque année

En 2010, le calendrier du circuit ATP proposait aux joueurs de disputer à leur guise 40 tournois des Masters 250, dix Masters 500, neuf Masters 1000 et les quatre Grand Chelem soit un total de 63 tournois. Sans compter les "petits" tournois Challengers, les matchs de Coupe Davis et les Jeux olympiques, tous les quatre ans, avec, au total, seulement un mois d’arrêt officiel.

Si certains joueurs, comme le Finlandais Jarko Niemen (38e joueur mondial), réussissent à disputer jusqu’à 35 tournois par an, le reste du top 100 dispute en moyenne 26 tournois durant une saison. Une moyenne qui tombe à 21 pour les joueurs du top 10, d’où l’interrogation de Jean-François Caujolle, directeur des tournois de Nice, de Marseille et des Masters de Paris-Bercy, sur le véritable intérêt des meilleurs joueurs à voir le calendrier réduit à peau de chagrin.

Plus de repos, moins de revenus

"Je ne pense pas que cela va beaucoup changer la préparation des joueurs comme Federer. Il gère déjà très bien son calendrier. Que va-t-il faire de deux semaines de plus de repos ?" s’était alors interrogé Caujolle en conférence de presse à Bercy, sous-entendant que le Suisse, comme les autres meilleurs joueurs mondiaux, pourraient profiter de ce temps de répit supplémentaire pour jouer des matchs de gala beaucoup plus rentables. D’où la demande unanime des organisateurs des Masters 250, premières victimes d’un éventuel allègement de calendrier, d’interdire formellement aux tennismans du top 30 de jouer pendant cette période de repos.

Le rythme effréné qu’impose le calendrier a conduit nombre de joueurs à l’infirmerie. Les exemples connus de l’Argentin Juan Martin Del Potro et des Français Gilles Simon et Jo-Wilfried Tsonga ne sont que la pointe émergée de l’iceberg. Des centaines de joueurs vivent du tennis dans des conditions précaires avec la seule obsession de rester classés parmi les meilleurs, tout en vivant avec la crainte de se blesser. Nul doute que ceux-là feraient bon usage de ces deux ou trois semaines de repos supplémentaires…

Si révision du calendrier il y a, ce ne sera pas avant 2012 ou 2013. Entre-temps, Adam Helfant, très discret président de l’ATP, prévient déjà qu’un compromis sera possible mais difficile. "Nous mettrons sur la table la possibilité de réduire la durée de la saison de deux ou trois semaines, ainsi que celle, en théorie, de ne pas la réduire. Mais je serais surpris si c'était cette dernière option qui était choisie." Une réponse est attendue d’ici la fin de l’année 2011.
 

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