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Les défis du nucléaire français

Il y a un an, Areva ratait le marché du siècle avec Abu Dhabi pour la construction d’une centrale nucléaire. Parmi les raisons de l’échec, les déboires en Finlande de l’EPR, le premier réacteur à eau pressurisée, son fleuron annoncé comme plus respectueux de l’environnement. Où en est le chantier d’Areva en Finlande ?

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Le groupe nucléaire français Areva est en train de construire une nouvelle centrale nucléaire en Finlande. C’est la première à avoir été commandée en Europe depuis l’incident de Tchernobyl en 1986. Cette nouvelle centrale devait donc être le fer de lance d’une nouvelle étape dans le nucléaire. Mais la construction ne s’est pas déroulée exactement comme prévu, comme France24 a pu le découvrir sur le chantier de la centrale nucléaire.

Ce coin tranquille de Finlande devait servir de décor à la renaissance du nucléaire. C’est ce qu’espérait le groupe français Areva, en débutant les travaux sur le plus puissant réacteur nucléaire jamais construit. Il devait être plus sûr, plus efficace et moins cher. Il devait aussi être terminé l’an dernier. Mais au fil des dérapages, le temps de construction a été multiplié par deux. La centrale nucléaire sera livrée à l’électricien finlandais TVO en 2013, avec quatre ans de retard. « Les retards dans la construction sont évidement regrettables. Ils entraînent des coûts et du travail supplémentaire pour nous », dit Käthe Sarparanta, responsable de communication pour TVO.

A cause des retards, le coût de la construction pourrait atteindre près de 6 milliards d’euro, soit le double du prix initial. Les Finlandais rejettent la faute sur Areva qui aurait engagé du personnel inexpérimenté. La dispute se règlera devant les tribunaux.

Le directeur de l’agence de sécurité nucléaire finlandaise Petteri Tiippana explique les problèmes rencontrés sur le chantier : “La qualité d’une partie du ciment utilisé pour couler la dalle sur laquelle repose la centrale nucléaire avait été mise en doute. Il y a aussi eu des problèmes avec la qualité des soudures sur le chantier ».

Sous la pression des régulateurs et des médias, ces problèmes de sécurité ont été résolus. Mais la presse finlandaise maintient que pour rafler le contrat, Areva a été trop optimiste dans ses prévisions budgétaires. « Il était très important pour Areva d’obtenir ce contrat, puisque cela faisait longtemps qu’aucune centrale nucléaire n’avait été construite. Ils ont donc offert des conditions qu’ils ne pouvaient pas tenir », dit Heikki Arola, journaliste spécialiste de l’énergie, pour le quotidien finlandais Helsingin Sanomat.

Selon Areva, les quatre années supplémentaires de construction seront vite oubliées face aux prouesses techniques du nouveau réacteur nucléaire. Il a été conçu pour fonctionner pendant au moins 60 ans. Et devrait résister à des tremblements de terre ou à l’impact d’un avion de ligne. Les experts d’Areva disent que si la centrale de Tchernobyl avait été construite sur ce modèle, la catastrophe aurait été évitée. « Cette centrale nucléaire est vraiment une première. Nous voulons nous assurer qu’elle soit sûre et fiable lorsqu’elle sera terminée » explique Virginie Moucquot-Laiho, responsable de la communication sur le projet.

Areva espère que cette centrale servira à démontrer son savoir-faire à d’autres pays soucieux de réduire leurs émissions de CO2. Mais il faudra attendre la fin de la construction pour savoir si ce nouveau réacteur sera vraiment le vecteur de la renaissance du nucléaire française.

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