REVUE DE PRESSE

L’affaire des "amis pédophiles" de Sarkozy passe les frontières

Royaume-Uni, Allemagne, Inde, Italie... Il n’a pas fallu plus de deux jours pour que le "off" de Sarkozy fasse le tour de la planète. La presse étrangère y voit un nouvel exemple de "perte de contrôle" du chef de l’État.

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Les médias français ont hésité à relayer l’information. Pas la presse étrangère. Du très sérieux "New Tork Times" au tabloïd australien "The Herald Sun", la petite phrase "Amis pédophiles, à demain !" lancée à des journalistes par Nicolas Sarkozy lors d’une discussion "off" en marge du sommet de l’Otan de Lisbonne, le 19 novembre, a été largement reprise et commentée dans le monde entier.

Interrogé sur les "soupçons" et les "convictions" d’ex-responsables politiques sur l'existence de rétrocommissions dans l’affaire Karachi, le chef de l’État avait répondu par l’absurde, estimant que ces allégations revenaient à accuser ses interlocuteurs journalistes de pédophilie sans en apporter la preuve. Cette conversation se déroulait "off the record", ce qui signifie que les propos tenus par le chef de l'État n’étaient pas censés être rapportés dans les médias. Mais les techniciens portugais présents dans la salle de presse, à Lisbonne, ne comprennent pas la nature des échanges et enregistrent la discussion… Lundi, le site internet de l’hebdomadaire "L’Express" et "Mediapart" relatent la scène. Les jours suivants, c’est au tour de la presse d'en faire l’écho. Et, dans les commentaires, ce qui n’était qu’une boutade devient un nouvel exemple de "perte de contrôle" du président français. Revue de presse.

Royaume-Uni

Dans son édition de mercredi, "The Guardian", journal de référence de l'élite intellectuelle britannique, écrit : "Nicolas Sarkozy, dans une séquence pré-électorale, tente actuellement de montrer combien il est calme et poli, et essaie de tirer un trait sur ses éclats du passé, comme quand il avait dit à un visiteur du salon de l'Agriculture de Paris : 'Casse-toi, pauvre con !'. Mais le bouillonnant président français a toujours autant de mal à contrôler ses pulsions (…). Sarkozy a ainsi perdu son sang-froid lorsqu'on l’a interrogé sur l’affaire Karachi, qui menace de l'engloutir personnellement, appelant les journalistes en question 'pédophiles'."

Le "Belfast Telegraph" évoque, lui aussi, l’épisode du salon de l’Agriculture, rappelant que "le tempérament du président Nicolas Sarkozy et son langage 'non présidentiel' lui ont déjà posé des problèmes au cours de son mandat".

Allemagne

La presse allemande abonde dans le même sens que la presse britannique, énumérant les précédents coups de sang du chef de l’État. "Les nerfs du président Nicolas Sarkozy sont à vifs. Lors d’une entrevue avec des journalistes, sur un sujet de fond, le politicien, bien-connu pour son caractère trempé, s’est montré particulièrement violent. Une fois de plus", écrit le journal "Die Welt". Le "Frankfurter Allgemeine Zeitung" juge, de son côté, que "Sarkozy a perdu le contrôle de lui-même, à l’image de ce qu’on connaissait de lui jusqu’à présent".

Inde

Dans un article titré "Nicolas Sarkozy perd son sang-froid et qualifie des journalistes de pédophiles", le quotidien "Indian Express" relève que "chaque colère du président l’a fait plonger dans les enquêtes d’opinion".

Italie

Le journal de centre-gauche "La Repubblica" préfère parler de "fureur" que de boutade au sujet de la sortie du président français. De son côté, le site internet "quotidiano.net" titre : "Sarkozy perd son calme", et évoque "une nouvelle crise de nerfs de Sarkozy qui s’accompagne d’une gaffe" d’un président "en colère".

États-Unis

Si l’affaire passionne moins la presse américaine, un blog du "New York Times" relate néanmoins la scène par le menu, tout comme le site "Newser", dont 79 % des lecteurs ont jugé l’information… "hilarante" !

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