HAÏTI

"L'épidémie de choléra devrait atteindre son pic en fin d'année"

Le choléra continue de se propager en Haïti. Les organisations humanitaires tentent d’endiguer l’épidémie qui a déjà fait des milliers de morts. Un responsable de Médecins sans frontières fait le point de la situation pour France 24.

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Haïti est en plein chaos. Près d’un an après le séisme de janvier, de nombreux Haïtiens sont toujours sans logement et vivent dans des camps de fortune. À cela s’ajoute depuis la mi-octobre une épidémie de choléra qui a déjà tué des milliers de personnes dans le pays. Dans ce contexte pour le moins difficile, certaines associations humanitaires ont appelé au report des élections prévues dimanche, mais les autorités haïtiennes ont refusé de repousser la consultation.

Marie-Noëlle Rodrigue est la directrice adjointe des opérations de Médecin sans frontières. Elle supervise depuis Paris les équipes qui luttent contre le choléra en Haïti.

France24.com : Le pic de l’épidémie de choléra est-il passé ?

Marie-Noëlle Rodrigue : Difficile à dire. La courbe de propagation du choléra se caractérise généralement par un pic puis un plateau et enfin par une retombée du nombre de cas. En Haïti, on assiste actuellement à des flambées très localisées de choléra qui touchent des quartiers ou des zones précises. Certains quartiers de Port-au-Prince voient une brutale poussée du nombre de cas, quand d’autres restent stables. À l’échelle du pays, on estime que l'épidemie devrait atteindre son pic à la fin 2010 ou début 2011. Mais ce n’est qu’une estimation.

France24.com : Les organisations humanitaires disposent-elles d’assez de moyens pour faire face à une telle épidémie ?

Marie-Noëlle Rodrigue : L’argent n’est pas le principal problème. C’est surtout le système de validation des projets qui est trop lent pour une telle situation d’urgence. Les ONG et les organisations humanitaires internationales se heurtent aux lenteurs de l’administration. On voudrait que les projets puissent être mis en place plus rapidement.

France24.com : Dans ce contexte, vous semble-t-il raisonnable que les autorités aient maintenu les scrutins de dimanche ?

Marie-Noëlle Rodrigue : On ne se prononce pas là-dessus. Les autorités haïtiennes prennent leurs responsabilités, c’est leur travail.

France24.com : Hormis le choléra, où en est la situation du pays, dix mois après le séisme ?

Marie-Noëlle Rodrigue : La reconstruction prend énormément de temps. Reconstruire une ville comme Port-au-Prince prend des années. Les gens pensaient qu’au bout d’un an la ville serait florissante et reconstruite, c’était bien entendu impossible. De plus, les Haïtiens attendent toujours certaines promesses de dons. L’aide censée arriver rapidement et en grande quantité se fait un peu attendre…

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