FRANCE

Paris, ville de tous les excès immobiliers

La Chambre des notaires prévoit qu’en 2010, le marché de l’ancien à Paris va connaître une progression historique des prix de 15 %. Gilbert Emont, conseiller à l’Institut de l’épargne immobilière et foncière explique cette flambée des prix.

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France24.com : La Chambre des notaires de Paris prévoit pour 2010 une hausse inédite de 15 % du prix du mètre carré dans l’ancien à Paris, cela vous semble-t-il réaliste ?

Gilbert Emont est l'auteur du rapport "Le logement sous tension" paru à l'IEIF en avril dernier.
Gilbert Emont est l'auteur du rapport "Le logement sous tension" paru à l'IEIF en avril dernier.

Gilbert Emont : Oui, ça peut paraître logique ! La pression sur l’immobilier en Île-de-France et à Paris est extrêmement forte en ce moment. En 2009, les prix dans la capitale avaient déjà augmenté de 9 % et il n’y a aucune raison pour que la tendance s’inverse, cette année.

Comment expliquez-vous la forte hausse des prix à Paris alors qu'à Londres ou dans d'autres capitales, les prix ont plutôt tendance à stagner ?

La pression démographique est le principal facteur explicatif. Le nombre de ménages en Île-de-France augmente d’environ 1 % par an. C’est certes moins que la moyenne nationale mais cette hausse obligerait à construire environ 50 000 logements neufs par an. De plus, une partie du parc immobilier devient obsolète tous les ans et il faut le rénover. En tout, j’estime qu’il faudrait construire 80 000 nouvelles habitations par an pour pouvoir répondre à la demande. Or, le nombre de constructions ne dépasse pas les 40 000. Les gens se tournent donc vers l’occasion [qui correspond à peu près à l’ancien selon la dénomination de la Chambre des notaires, NDLR] et c’est sur ce marché que les prix sont donc amenés à progresser le plus.

On pensait, ces dernières années, que la demande allait se tasser, mais ce n’est pas le cas, bien au contraire ! Avec l’augmentation des divorces, des familles monoparentales, des Français qui continuent à monter sur Paris et de l’immigration, tout laisse à penser que les prix vont continuer à monter.

Mais les acheteurs ne pourront pas éternellement continuer à payer aussi cher ?
Sans vouloir, ni pouvoir préjuger du futur, la situation actuellement est déjà très tendue pour les Parisiens et même les habitants d'’Île-de-France. L’augmentation moyenne des salaires dans la région sur les dix dernières années se situe entre 1 et 1,5 % quand les prix ont grimpé en moyenne de 5 % dans le neuf et de 7 % dans l’occasion. Il y a donc une désolvabilisation majeure des Franciliens. Si au début des années 2000, sur Paris, 40 % des habitants pouvaient acheter leur logement, ils ne sont plus que 20 % aujourd’hui à pouvoir se le permettre.

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