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PRÉSIDENTIELLE HAÏTIENNE

Les électeurs s'apprêtent à choisir leur président parmi 18 candidats

Texte par : Dépêche
3 mn

Dix mois après qu'un puissant séisme a ravagé l'île et quelques semaines après le déclenchement d'une épidémie de choléra, plus de 4,7 millions d'Haïtiens sont appelés aux urnes, dimanche, pour se donner un nouveau président et un nouveau Parlement.

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AFP - Les candidats à la présidentielle haïtienne tenaient vendredi soir leurs ultimes meetings avant le scrutin prévu dimanche dans un pays meurtri, qui voit s'affronter en première ligne un proche du pouvoir et une ancienne Première dame aux personnalités antinomiques.

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Deux candidats à la magistrature suprême semblent pouvoir se maintenir au deuxième tour prévu le 16 janvier, si l'on en croit les sondages: Jude Célestin, 48 ans, adoubé par le président sortant René Préval, et Mirlande Manigat, 70 ans, éphémère Première dame d'Haïti en 1988 sous la présidence de son mari Leslie Manigat.

Les deux candidats organisaient en fin de journée leurs derniers rassemblements électoraux à Carrefour, une localité proche de Port-au-Prince, avant la fin de la campagne officielle, vendredi soir.

Dans les rues de la ville, des milliers de personnes suivaient un énorme char équipé d'une sono crachant à tue-tête "Votez 68", en référence au numéro qui ornera le bulletin de vote de Mme Manigat. Au même moment, des centaines de personnes attendaient M. Célestin dans un autre quartier.

Signe de la mobilisation en cette fin de campagne, une immense file d'attente, deux fois plus longue qu'en début de semaine, s'est formée au cours de la journée devant le commissariat de Pétion-ville chargé de distribuer les cartes d'identification qui permettront de voter dimanche dans cette banlieue de la capitale Port-au-Prince.

Les enjeux sont grands pour les Haïtiens: tremblement de terre, ouragan Tomas, épidémie de choléra... l'année qui s'achève a été cruelle pour le pays le plus pauvre des Amériques.

Les plus de 4,7 millions d'électeurs n'attendent pas de miracle des 18 candidats en lice à la présidentielle, qui se déroule en même temps que les législatives. La campagne a donné lieu à des violences qui ont fait deux morts entre partisans de candidats rivaux.

En tête dans les sondages, Mme Manigat a dénoncé vendredi l'existence de quelque "500.000" faux bulletins de vote, affirmant qu'ils seront mis en circulation le jour du scrutin pour "favoriser le candidat du pouvoir".

"Je suis sûre d'accéder au second tour. Seules des magouilles peuvent m'empêcher d'accéder à la présidence", a-t-elle lancé devant la presse.

Face à elle, M. Célestin s'est dit sûr de gagner "parce qu'on est les plus forts". Ce moustachu, dont les affiches jaunes et vertes aux couleurs d'Inité ("Unité" en créole), le parti au pouvoir, recouvrent les murs du pays, est fiancé à la fille de M. Préval.

Un autre candidat, le chanteur Michel Martelly, mieux connu sous son nom d'artiste de "Sweet Micky" et en troisième position selon les sondages, a dit s'attendre à "des fraudes massives" et a agité le spectre d'une "révolution" si le peuple ne parvient pas à faire entendre sa voix.

Le choléra dans le monde

Les 12.000 Casques bleus de la mission de l'ONU se sont retrouvés à leurs corps défendant au coeur de la campagne, à la suite d'accusations selon lesquelles ils auraient importé le choléra dans l'île. Des manifestations violentes contre leur présence ont fait six morts.

Le chef de la mission de l'ONU, Edmond Mulet, a réitéré jeudi qu'aucun de ces soldats n'était porteur du choléra.

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a assuré que les élections n'accentueront pas la propagation du choléra. Selon un dernier bilan, l'épidémie a tué 1.648 personnes depuis mi-octobre.

A Genève, l'ONU a indiqué n'avoir reçu que 19,4 millions de dollars sur l'appel de fonds de 164 millions réclamé pour faire face à l'épidémie.

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