PRÉSIDENTIELLE IVOIRIENNE

Dans la Zone 4 d'Abidjan, les électeurs ont voté dans le calme et la sérénité

Comme tous les Ivoiriens, les électeurs du quartier de la Zone 4 d’Abidjan ont voté, ce dimanche, à l'occasion du second tour de la présidentielle. Ils devaient choisir qui de Laurent Gbagbo ou d’Alassane Ouattara dirigera le pays. Reportage.

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, envoyé spécial à Abidjan

6 heures 30, Zone 4, quartier du sud d’Abidjan. Le couvre-feu imposé samedi à 22 heures dans tout le pays vient à peine de s’achever. Dans la cour de l’École de bijouterie, qui fait office de centre de vote pour le second tour de la présidentielle ivoirienne organisée ce dimanche, les électeurs se comptent presque sur les doigts de la main. Lors du premier tour, le 31 octobre, une foule s’était pourtant amassée dès les premières heures du jour devant les cinq bureaux de vote que compte le site. Dans tout le pays, les Ivoiriens avaient convergé très tôt vers les urnes, portant le taux de participation à plus de 80 %. Un record.

"J’étais là à 4 heures du matin lors du premier tour, se souvient Maxime, un chauffeur-machiniste de 40 ans. Il y avait des centaines de personnes qui, comme moi, faisaient la queue. Mais, aujourd’hui, à cause du couvre-feu, je n’ai pu venir qu’à 6 heures 30." Pas de quoi s’inquiéter pour autant : les bureaux de vote doivent ouvrir dans une demi-heure et la grande majorité des quelque 2 500 électeurs inscrits dans ce centre ne sont pas encore arrivés. Maxime n’aura pas besoin de jouer des coudes pour "accomplir son devoir de citoyen".

Signe de croix

"La plupart des gens qui votent ici n’habitent pas le quartier. Avec le couvre-feu, ils vont mettre plus de temps à venir. Mais ils vont finir par arriver", se rassure Mathurin, un "citoyen" de Port-Bouët, quartier situé à 20 minutes de transport de la Zone 4. Bien vu. Au fil des minutes, de petites files d’attente se forment paisiblement à l’entrée des salles de classe, sous l’œil attentif de la dizaine de membres des forces de l’ordre mobilisés pour l’occasion.

Les électeurs ne semblent pas avoir cédé à la psychose. Les récents affrontements entre supporters des deux finalistes laissaient pourtant présager des violences aux abords des bureaux de vote. Mais dans la Zone 4, tout est calme.

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Portraits croisés des deux candidats

À 7 heures, les bureaux de vote auraient dû être ouverts. Las, le matériel n’est toujours pas arrivé. Les agents mandatés par la Commission électorale indépendante (CEI) s’activent dans le brouhaha des tables et des chaises que l'on déplace. Sur la porte de la salle numéro 2, un graffiti peu amène à l’égard de l'un des deux candidats encore en lice est effacé à la hâte. Il ne s’agirait pas de froisser leurs représentants chargés de surveiller la bonne tenue du scrutin. Dans l’une des files d’attente naissante, une vieille dame assise sur une chaise d’écolier fait un signe de croix. Dans ces instants cruciaux, mieux vaut s’en remettre à Dieu...

"La démocratie est en train de prendre son envol"

À 7 heures 30, urnes transparentes et isoloirs en carton arrivent enfin. Les secrétaires de la CEI, vêtus de leur chasuble aux couleurs de la Côte d’Ivoire, scellent les grandes boîtes en plastique destinées à récolter les bulletins sur lesquels ne figurent plus que les noms de deux candidats : le président sortant Laurent Gbagbo et l’ex-Premier ministre Alassane Ouattara. Lazare Atsin, le superviseur du site, presse ses agents. "Il faut se dépêcher, il est bientôt 8 heures." Après six reports successifs du scrutin présidentiel, les Ivoiriens ont attendu cinq ans pour désigner leur chef de l’État, mais accepteraient mal que, le jour J, le processus prenne trop de retard.

7 heures 50 : la première électrice de l’École de bijouterie de la Zone 4 a glissé son bulletin dans l’urne. Les autres suivront jusqu’à la fermeture des bureaux, reportée à 17 heures 50. Issa, technicien automobile de 38 ans, se félicite que son pays ait atteint "une certaine maturité. La démocratie est en train de prendre son envol". Après avoir voté, le jeune homme repartira chez lui, où il attendra tranquillement l’annonce des premières tendances. "J’espère que les résultats tomberont ce soir, touche du bois Mathurin. Plus c’est long, plus le doute s’installe dans la tête des gens". David, concessionnaire automobile à Marcory, formule le même vœu pieu : "Je n’aime pas attendre, je ne suis pas trop patient. J’aimerais qu’on nous annonce le vainqueur ce soir. Tant qu’il n’y aura pas de résultats, il n’y aura pas la paix."

Jour d'élection à Abidjan

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