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Les Ivoiriens appelés aux urnes pour un second tour sous haute tension

Quelque 5,7 millions d'Ivoiriens sont appelés à départager le chef de l'État sortant Laurent Gbagbo et l'ex-Premier ministre Alassane Ouattara au second tour d'une présidentielle destinée à enterrer une décennie de crises.

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, envoyé spécial à Abidjan

Laurent Gbagbo contre Alassane Dramane Ouattara (ADO). Le président sortant contre l’ancien - et unique - Premier ministre de feu Félix Houphouët-Boigny, le "père de la nation" ivoirienne. Pour la première fois depuis l’indépendance du pays en 1960, les Ivoiriens sont appelés à prendre part au second tour d’une élection présidentielle, ce dimanche. Le scrutin, historique, est censé mettre un terme à une décennie de crises politico-militaires. Dès 7 heures du matin (heure locale), les quelque 20 000 bureaux de vote répartis dans tout le pays ont ouvert leurs portes.

Plus de 80 % des 5,7 millions d’électeurs inscrits sur les listes électorales avaient fait le déplacement lors du premier tour, le 31 octobre. Le taux de participation sera-t-il aussi élevé aujourd’hui ? A qui les partisans des 12 candidats éliminés à l’issue du premier round - parmi lesquels l’ancien chef de l’État Henri Konan Bédié (1995-1999), du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) - réserveront-ils leur voix ? Autant d’interrogations qui rendent l’issue de la consultation incertaine.

Aussi, les deux finalistes n’ont-ils pas ménagé leurs efforts durant la campagne du second tour pour s’attirer les faveurs de l’électorat du PDCI, dont le chef de file était arrivé en troisième position le 31 octobre, avec plus de 25 % des voix.

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Pour Laurent Gbagbo comme pour Alassane Ouattara, l’équation est assez simple : crédité de plus de 38 % des suffrages exprimés à l’issue du premier tour, le chef de l’État sortant, qui concourt sous la bannière de La Majorité présidentielle (LMP), doit s’adjuger la moitié des voix de son prédécesseur à la présidence pour espérer sortir vainqueur du scrutin. ADO, qui a réalisé un score de 32,03 %, doit quant à lui rassembler les deux tiers de l’électorat de Bédié pour être en mesure de l'emporter. Si ce dernier a appelé à voter Ouattara au second tour, rien n’indique cependant que ses électeurs voteront comme un seul homme pour celui qui porte désormais les couleurs du Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (RHDP).

Affrontements meurtriers et couvre-feu

Contrairement au premier tour qui s’était déroulé dans le calme, les jours précédents le scrutin du 28 novembre ont été émaillés de violences. Samedi après-midi à Abobo, commune du nord d’Abidjan, au moins trois personnes ont trouvé la mort dans des affrontements entre les forces de l’ordre et des manifestants protestant contre la décision du président Laurent Gbagbo d’instaurer un couvre-feu entre 22 heures et 6 heures du matin dans la nuit de samedi à dimanche. Une mesure qui sera reconduite dimanche soir aux mêmes horaires, ainsi que lundi, mardi et mercredi entre 19 heures et 6 heures.

Carte des résultats du premier tour de la présidentielle ivoirienne (RFI)

"Le pays a connu une série d’événements dont le bilan est lourd […]. Si nous ne faisons rien, nous risquons d’arriver à un état insurrectionnel, a justifié, sur l’antenne de la Radio télévision ivoirienne (RTI), le chef d’état-major des armées, le général Philippe Mangou, selon qui les violences de ces derniers jours ont déjà causé la mort de six personnes et fait de nombreux blessés. Face à cette recrudescence de violences, nous estimons qu’il est de notre devoir de tirer la sonnette d’alarme."

Reste qu’aux yeux du RHDP, l’instauration du couvre-feu est une décision "injustifiée et sans fondements". Pour nombre d’opposants, le décret présidentiel risque de créer une psychose et d’instiller des doutes sur la transparence du scrutin. De son côté, la Commission électorale indépendante (CEI) s’est émue de ce que cette disposition vienne entraver son travail. "Le couvre-feu n’agira pas sur le bon déroulement du vote", a assuré le général Mangou.

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