FRANCE

À Colombes, un Malien a trouvé la mort à la suite de deux décharges de Taser

Pour la première fois en France, l'usage du Taser a coïncidé avec la mort d'un individu. Hier à Colombes (92), lors d'une interpellation, un Malien de 38 ans est en effet décédé après avoir reçu deux décharges du pistolet à impulsions électriques.

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AFP - Un Malien de 38 ans en situation irrégulière est décédé dans la nuit de lundi à mardi à Colombes (Hauts-de-Seine) après avoir reçu deux décharges du pistolet à impulsions électriques Taser pendant son interpellation, relançant les interrogations sur la dangerosité de l'arme.

Contrairement aux Etats-Unis et au Canada, c'est la première fois en France qu'une utilisation du Taser coïncide avec la mort d'un homme.

L'Inspection générale des services (IGS, "police des polices") a été saisie d'une enquête par le parquet de Nanterre. Une autopsie sera menée mercredi.

Le réseau d'alerte et d'intervention pour les droits de l'Homme (RAID-H) a aussitôt réclamé "un moratoire immédiat" de l'utilisation de cette "arme de torture susceptible de donner la mort".

"Au cours de l'interpellation, il y a eu usage de Taser par deux fois. A l'issue de l'intervention, la personne est décédée d'un malaise dont l'origine reste à déterminer", a expliqué à l'AFP une porte-parole de la police.

Le directeur de Taser France, Antoine di Zazzo, a déclaré que "seule l'autopsie de cet homme permettra de dire si notre pistolet est responsable du décès". "A ce jour, dans le monde, le Taser n'a jamais tué quelqu'un", a-t-il assuré.

Le Taser, arme controversée, délivre une onde électrique de 2 milliampères pour 50.000 volts, bloque le système nerveux, tétanisant la personne visée durant quelques secondes.

Selon la Préfecture de Police de Paris (PP), des effectifs de la direction territoriale de la police de proximité (DTSP) des Hauts-de-Seine ont été appelés lundi soir, vers 23h30, pour un différend rue Gabriel-Péri, à Colombes, entre l'homme et son ami qui voulait récupérer son logement.

Au moment du contrôle d'identité, l'homme a "pété les plombs" et a tenté de frapper les policiers à l'aide d'un marteau, selon une source policière.

Arrivé en France en 2003, la victime avait une autorisation provisoire de séjour datant de 2006, qui n'était plus valable, et était sous le coup d'un arrêté préfectoral de reconduite à la frontière.

Les policiers ont fait usage de gaz lacrymogènes et d'un bâton de défense mais ne sont pas parvenus à le neutraliser.

Décrit comme particulièrement violent et de forte corpulence par la police, le trentenaire a tenté de s'enfuir dans les étages. Il a à nouveau utilisé son marteau contre huit policiers dont quatre ont été légèrement blessés. La police a alors fait usage d'un pistolet à impulsion électrique car il était "très difficilement maîtrisable", selon la PP.

Alliance (second syndicat de gardiens de la paix) a invoqué la "légitime défense", ajoutant que les policiers avaient été "victimes de l'acharnement de cet individu excessivement violent".

Ceux-ci ont tiré deux fois au Taser mais les décharges ne semblaient pas avoir eu d'effet sur lui. L'homme était même parvenu à retirer les fils du Taser après la première décharge.

Finalement maîtrisé, il a alors fait un "malaise cardiaque" dans l'ascenseur, selon la PP. Malgré l'intervention des pompiers et du Samu, il n'a pas pu être réanimé et est décédé vers 01h30.

Ce drame relance les questions concernant la dangerosité de cette arme dont l'utilisation en France a été étendue aux polices municipales au printemps.

Le maire PS de Colombes, Philippe Sarre, a recommandé la prudence, affirmant que rien ne permettait actuellement "de tirer des conclusions sur la responsabilité des forces de police, ni même sur le lien avec l'utilisation du Taser."

 

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