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Les Frères musulmans se préparent à essuyer une défaite

La presse et des observateurs indépendants ont fait état de nombreux cas de fraudes et violences lors du premier tour des législatives égyptiennes. Les Frères musulmans, principale force d'opposition, dénoncent des élections "truquées".

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AFP - Les Frères musulmans, la plus importante force d'opposition en Egypte, s'attendent à être laminés lors des législatives dont le premier tour a eu lieu dimanche, et accusent le pouvoir de falsifier massivement les résultats pour y parvenir.

Des responsables de la confrérie ont indiqué lundi qu'ils n'auraient aucun élu au premier tour, dont les résultats complets doivent être publiés mardi, et n'avaient que de maigres espoirs pour le second, le 5 décembre.

"Ces élections sont truquées, elles ne sont pas valables", a déclaré à l'AFP un haut dirigeant de la confrérie, Essam el-Erian, en accusant le pouvoir de falsifier les résultats partout où perce un candidat soutenu par les Frères.

"Dans les circonscriptions où le dépouillement a montré qu'un candidat des Frères devait gagner ou participer au deuxième tour, on refuse d'annoncer les résultats, qui sont gérés par la police", a-t-il assuré.

Walid Chalabi, un porte-parole des islamistes, a affirmé que les Frères, qui avaient 88 sièges dans l'assemblée sortante, n'avaient aucun élu au premier tour et espéraient être en ballottage au second dans 21 circonscriptions ou un peu plus.

Hamdi Hassan, porte-parole du bloc parlementaire des Frères, a confirmé avoir déjà perdu son siège, de même que le président du groupe Saad Katatni.

Les Frères musulmans, officiellement interdits, soutiennent 130 candidats qui se présentent comme "indépendants".

En 2005, la confrérie avait fait une percée historique en gagnant environ un siège de député sur cinq.

Mais le Parti national démocrate (PND) du président Hosni Moubarak a dit son intention de ne pas laisser cette situation perdurer à l'approche de la présidentielle de 2011.

Le PND, dont la large victoire ne fait de doute pour personne, a notamment engagé des procédures en vue d'invalider toute élection d'un "indépendant" qui s'avèrerait lié à un groupe "illégal".

Le gouvernement a assuré que l'élection avait bénéficié d'un "haut degré de transparence", et que les incidents rapportés par des candidats ou des observateurs n'étaient pas de nature à la remettre en cause.

A Alexandrie (nord), la deuxième ville d'Egypte, où les Frères sont pourtant bien implantés, l'heure est aussi au pessimisme.

Medhat al-Haddad, responsable local de la confrérie, assure que "le volume des fraudes a été très élevé". Pour lui, "la vérité, c'est que nous avons gagné les élections (à Alexandrie), mais ce qui va être annoncé de la part du régime et des différents bureaux de vote, c'est autre chose".

Fondés en 1928 et très influents grâce à leurs réseaux d'aide sociale, les Frères musulmans assurent vouloir parvenir au pouvoir par la voie électorale et sans violence.

Le gouvernement les accuse de promouvoir un islam rétrograde et intolérant, incompatible avec le maintien d'un Etat pluri-religieux, qui comprend 6 à 10% de chrétiens coptes. Leur interdiction s'appuie sur la constitution égyptienne, qui interdit les partis confessionnels.

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