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Intelligence économique

Tourisme nocturne : compétition sur les dance-floors !

La vie nocturne à Paris a le blues ! Visiblement, Les capitales voisines sont plus enclines à la fête… C’est ce que révèle un rapport de l’Ecole de Guerre Economique. Le Journal de l’Intelligence économique d’Ali Laïdi est allé à la rencontre des acteurs de la nuit, pour comprendre ce coup de pompe.

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Commandé par la Mairie de Paris et la Chambre Syndicale des Cabarets Artistiques et des Discothèques (CSCAD), le rapport sur "La compétitivité nocturne de Paris" n’est pas une bonne nouvelle pour la capitale française. Cette étude compare la vie nocturne de différentes grandes villes européennes : Londres, Amsterdam, Berlin, Barcelone et Paris. Le verdict est sans appel : Paris récolte la plus mauvaise note.

Une première raison : le manque d’intérêt des pouvoirs publics. "On s'est rendu compte, par exemple, que pour Berlin, depuis 2004, il y a un vrai investissement des pouvoirs publics", explique Audrey Chanier, co-auteur du rapport. "Là-bas, la nuit nocturne n'est pas forcément regardée, comme elle pouvait l'être en France parfois, comme un agent perturbateur. Alors qu’elle est aussi facteur de richesse". Richesse économique mais aussi sociale, Paris la nuit, c’est plus de 80 000 emplois. Cette activité importante permet d’attirer des touristes, qui visitent à l’heure actuelle davantage la capitale pour la culture et le shopping que pour ses dance-floors.

Pour réveiller la population et les pouvoirs publics, une pétition des travailleurs de la nuit a été lancée l’année dernière : elle a déjà reçu plus de 16 000 signatures. Elle alerte par exemple sur les conséquences de la loi anti-tabac de 2008. Eric Labbé, président de l’association "Nuit Vive" à l’origine de la pétition, tente une analyse : "La loi anti-tabac n'a pas eu de conséquence directe sur l'économie des lieux de musique, parce que les non-fumeurs se sont remis à sortir. Donc ça, c'est plutôt une bonne surprise.

En revanche, elle a eu des conséquences directes sur un truc qu'on n’avait pas prévu. Il s’agit des problèmes de voisinages, qui pèsent énormément sur le secteur". Gérard Simonet en sait quelque chose. Depuis 10 ans, il, lutte avec son association "Vivre le Marais !" pour la tranquillité de son quartier. Et bien souvent, les bars sont montrés du doigt : "Ce qui nous gêne, ce qui gêne la population dans ce bar, c'est qu'il y a tous les soirs un attroupement qui gagne progressivement la totalité du trottoir". Frédéric Hervé est le gérant du bar Le Cox, que critique Gérard Simonet. Il a le sentiment que les patrons de bar ne sont pas soutenus : "je crois que les dirigeants de nuit sont même complètement dénigrés par les autorités locales. A Barcelone, les états d'esprits ne sont pas du tout les mêmes. Il y a un sentiment de liberté très différent, il y a beaucoup plus de jeunes entrepreneurs, il y a beaucoup plus d'endroits cadrés : on sent que la nuit est beaucoup plus dynamique qu'à Paris".

Du côté de la mairie, il ne manque pas grand-chose à Paris pour briller. Les élus estiment que les fêtards sont bien présents, mais un peu éparpillés dans divers endroits de la capitale. "La vie nocturne parisienne est très riche, très diversifiée, mais elle est probablement trop codifiée, morcelée dans des petits établissements", explique Laurent Queige, directeur de cabinet de l’adjoint au maire de Paris, chargé du tourisme. Lors des Etats généraux de la nuit, tenus en novembre 2010, la mairie a promis de prendre plusieurs mesures, comme le renforcement des transports en commun ou la mise en place de médiateurs pour régler les conflits. Eric Labbé, qui avait été l’un des initiateurs de la pétition, a également organisé du 17 au 21 novembre les Nuits Capitales, avec son association Nuit Vive. Lors de ces Nuits Capitales, le public pouvait faire la fête dans divers endroits de Paris : un évènement qui ne se présente pas comme un "festival"mais qui se compare plutôt à la fête du cinéma. Il permet de découvrir des lieux, à petit prix, pendant quelques jours, pour inviter les parisiens et les touristes à sortir aussi le reste de l’année !

Pour Bruno Blanckaert, président du Rex Club et Président de la Chambre Syndicale des Cabarets Artistiques et des Discothèques, Paris restera demain le terrain de jeu des noctambules… A condition que la Mairie mette la main à la pâte : "Plus c'est facile et plus c'est mou et mollasson. Quand c'est difficile, c'est là qu'on voit la force. Je suis convaincu que Paris sera demain et après-demain encore une ville de fête. Mais, que la Mairie nous aide, qu'elle bouge un peu ses fesses !" Le message des professionnels de la nuit est clair : que les dirigeants parisiens se bougent sinon la ville Lumière s’éteindra à l’heure où l’on couche les enfants.

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