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Le camp Gbagbo menace de prendre d'assaut le QG de Ouattara

Le camp de Laurent Gbagbo menace d'attaquer l'hôtel du Golf où Alassane Ouattara et son gouvernement sont réfugiés. Charles Blé Goudé, leader des Jeunes patriotes, leur a adressé un ultimatum : ils doivent quitter les lieux d'ici samedi.

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Les émissaires africains de la Communauté des États d’Afrique de l’Ouest (Cédéao) n’ont visiblement pas apaisé les tensions en Côte d’Ivoire. Au lendemain de leur rencontre avec le président sortant Laurent Gbagbo, son ministre de la Jeunesse,

Charles Blé Goudé, a appelé ses partisans à prendre d’assaut l’hôtel du Golf à Abidjan, où se trouve son adversaire, le président reconnu par la communauté internationale, Alassane Ouattara.

"Au-delà du 1er janvier, moi, Charles Blé Goudé et les jeunes de Côte d’Ivoire, allons libérer le Golf Hôtel les mains nues", a lancé le leader des jeunes patriotes lors d’un meeting rassemblant plusieurs milliers de personnes à Yopougon, un quartier populaire de la capitale ivoirienne.

"Il faut lancer un assaut sur le Golf pour récupérer [le Premier ministre d’Alassane Ouattara] Guillaume Soro", a-t-il poursuivi. "Le peuple de Côte d’Ivoire est fatigué de ces voisins encombrants de la république hôtelière du Golf. Chaque jour, Guillaume Soro et son armée nous menacent et nous narguent" a-t-il encore affirmé.

Immédiatement, l’ambassadeur mandaté à l’ONU par Alassane Ouattara, Youssouf Bamba, a appelé à "empêcher un génocide".

L’hôtel du Golf sous bonne garde

"Le leader des jeunes patriotes a voulu montrer qu’il restait combatif, analyse Pauline Simonet, envoyée spéciale de FRANCE 24 à Abidjan. Mardi, il avait annoncé le report d’une grande manifestation pro-Gbagbo prévue ce mercredi. Ce report avait été interprété comme un geste d’apaisement, voire comme un recul. Charles Blé Goudé veut montrer qu’il n’en est rien et qu’il ne baisse pas la garde", poursuit-elle.

L’hôtel du Golf, où Alassane Ouattara, son Premier ministre, Guillaume Soro, et tout son gouvernement se cloîtrent depuis près d’un mois, est gardé par quelque 800 casques bleus de la mission de l’ONU. Malgré cette lourde protection, les menaces du camp de Laurent Gbagbo ne sont pas prises à la légère.

"Charles Blé Goudé est capable de rassembler beaucoup de monde en très peu de temps. Il était le grand meneur des manifestations anti-françaises en 2004 en Côte d’Ivoire", rappelle Pauline Simonet.

Un répit pour le camp Gbagbo

Un pays, deux présidents
Un pays, deux présidents

Mardi, trois émissaires de la Cédéao - les chefs d'État béninois, capverdien et sierra-léonais - se sont longuement entretenus avec Laurent Gbagbo, pour tenter de le convaincre de quitter pacifiquement le pouvoir. Cette entrevue, largement considérée comme celle de la dernière chance, n’a pas abouti.

La Cédéao a annoncé qu'elle entendait poursuivre ses discussions avec le président ivoirien sortant. Les trois émissaires seront de retour dans la capitale économique ivoirienne le 3 janvier, pour essayer de conclure la médiation. "C'est une satisfaction pour le camp Gbagbo, assure Pauline Simonet. Ce sont en tout cas quelques précieux jours de gagnés alors qu'il est toujours sous la menace d'une intervention militaire de la Cédéao."

Une intervention "écartée pour le moment", estimait mercredi le secrétaire d'Etat cap-verdien aux Affaires étrangères, Jorge Borges. Néanmoins, au même moment à Abuja, la capitale nigériane, une réunion des chefs d'état-major des pays membres de la Cédéao planchait sur les conditions matérielles d’une hypothétique intervention armée ouest-africaine en Côte d’Ivoire. "La Cédéao souhaite envoyer une force de 2 000 à 3 000 hommes", a indiqué à l'Agence France Presse une source diplomatique, tout en s'interrogeant sur sa capacité à y parvenir.

L'Ecomog a été créée par la communauté économique des États d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) en 1990 pour intervenir au Liberia, alors en proie à une guerre civile. Conçue au départ comme une solution temporaire, la Cédéao en fait une force permanente en 1999.

Outre le Liberia, l'Ecomog est intervenue en Sierra Leone, en Guinée-Bissau et en Côte d'Ivoire.

De son côté, l'Union européenne (UE), qui a annoncé jeudi qu’elle porterait bientôt à 61 le nombre de proches de Gbagbo visés par les interdictions de visas, a choisi de ne collaborer qu'avec les ambassadeurs ivoiriens désignés par Alassane Ouattara,

Le ministère français des Affaires étrangères a rendu publique cette décision ce mercredi. La veille, Laurent Gbagbo avait menacé de renvoyer les représentants des États qui collaborent avec les ambassadeurs reconnus par son rival. À Paris, une procédure d'agrément est en cours pour un nouvel ambassadeur désigné par Alassane Ouattara alors que Pierre Kipré, proche du président sortant, a été chassé de l'ambassade lundi par des partisans pro-Ouattara.

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