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VIN

Le Champagne pétille moins que ses concurrents en 2010

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Le plus célèbre vin mousseux du monde voit sa production sérieusement concurrencée par des producteurs italiens ou britanniques. Prosecco, Spumante et vins pétillants du Sussex rendent la vie dure au vin règnant sur la période des fêtes.

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Aux 12 coups de minuit le 31 décembre 2010, ce sont les producteurs italiens et britanniques de vins mousseux qui se souhaiteront la "bonne année" avec le plus d’enthousiasme, remplissant leurs flûtes de Prosecco, de Spumante, et de mousseux du Sussex (comté au sud-est du Royaume-Uni). La raison ? Le Champagne n’a plus la même cote qu’avant, et ses concurrents ont fait mousser production et bénéfices en 2010.

Le meilleur mousseux en 2010 ? Un vin anglais du Sussex !

L’estimation établie par Assoenologi - organisation des producteurs italiens de vins mousseux – n’est pas que symbolique : en 2010, 380 millions de bouteilles de bollicine (nom générique donné au vin à bulles en italien) ont été vendues à travers le monde, soit 10 millions de plus que pour le Champagne français…

Et comme si la concurrence ne suffisait pas, la région de production du plus célèbre vin à bulles au monde connaît des années difficiles. En 2009, la production de Champagne s’est effondrée de 30 % à cause de mauvaises récoltes, et malgré un regain en 2010, production et ventes restent en deçà de leur niveau de 2008.

Au même moment, dans le sud de l’Angleterre, un autre concurrent a le vent en poupe : le vin pétillant britannique n’a que 15 ans d’existence mais déjà une bonne réputation, et il s’exporte jusqu’au Japon.

"Les mousseux anglais sont vraiment excellents", témoigne pour FRANCE24 Beppe Giuliano, éditeur d’Euposia. Cette revue italienne dédiée aux vins organise chaque année un ‘blind-test’ (test à l'aveugle) géant de 140 bouteilles pour sélectionner le meilleur mousseux du monde. Et cette année, la palme est revenue à… un vin anglais du Sussex. "Je goûte énormément de vins à bulles du monde entier, et beaucoup d’entre eux sont d’un niveau comparable à celui du Champagne. La différence ? Les petits producteurs italiens ou britanniques ne font pas payer la marque".

Le Champagne sera toujours le Champagne

Le mousseux le plus célèbre du monde subit les effets de la concurrence conjugués à ceux de la crise économique. Car dans un contexte de réduction des dépenses, boire un Champagne, au prix parfois astronomique, est devenu déraisonnable pour beaucoup. Alors qu’une bouteille d’un Champagne honorable flirte avec les 40 euros en dehors de l’Hexagone, le mousseux anglais ne coûte que 20 à 30 euros, seulement 10 pour son camarade italien. Et un grand cru peut facilement valoir deux fois le prix d’un équivalent européen.

Facile, donc, de comprendre pourquoi les ventes de vin effervescent bon marché explosent. Les exportations d’Asti Spumante (vin effervescent du Piémont italien) et de Prosecco (vin effervescent de la province de Trévise), les vins les plus vendus en Italie, ont ainsi augmenté de 17 % sur les neuf premiers mois de 2010, indique le syndicat agricole Coldiretti.

En Grande-Bretagne, les producteurs de mousseux sont ravis de l’effet de mode ‘locavore’ qui bénéficie à leurs vins. "Acheter local est devenu très populaire" confirme à FRANCE24 le propriétaire d’un vignoble du Sussex, Michael Roberts. Le vin produit dans l’exploitation familiale, Ridgeview, est le plus célèbre mousseux du pays, et pas seulement : le vin pétillant de Michael Roberts s’exporte en Finlande, au Japon, et même en France. "C’est loin d’être un feu de paille, explique le viticulteur. Notre production est en augmentation constante depuis nos débuts il y a 10 ans, et les profits ont toujours été au rendez-vous".

Le Champagne finira t-il noyé dans la concurrence ? "Les paris sont ouverts, conclut avec humour Beppe Giuliano. Mais au fond, qu’importe que d’autres vins pétillants soient aussi bons ou meilleurs, le Champagne sera toujours le Champagne".

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