FRANCE

La question des 35 heures déstabilise à nouveau le Parti socialiste

Candidat aux primaires socialistes pour la présidentielle de 2012, le député-maire d'Évry (Essonne), Manuel Valls, a relancé la controverse sur les 35 heures, objet d'un contentieux idéologique permanent au PS.

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REUTERS - Le Parti socialiste commence l'année 2011 par une polémique sur les 35 heures après les critiques de Manuel Valls, un des participants à la primaire qui élira le candidat du parti à l'élection présidentielle de 2012.

Le porte-parole du PS, Benoît Hamon, a invité lundi le député de l'Essonne à "revenir dans le droit chemin" et jugé que critiquer cette réforme phare menée par Martine Aubry, actuel premier secrétaire du PS, était "un combat d'arrière-garde".

Manuel Valls a repris à son compte dimanche un des slogans de campagne de Nicolas Sarkozy, "travailler plus pour gagner plus", et dit qu'il fallait "être capable de poser la question d'une augmentation du temps de travail".

"Est-ce que (...) nous pouvons nous permettre d'être sur des idées des années 1970, 1980, 1990 ? Non. Il faut dépasser la question des 35 heures. Oui, nous devrons déverrouiller les 35 heures", avait ajouté le maire d'Evry. Benoît Hamon a fait part de sa surprise sur France Info.

"On ne s'attendait pas à ce qu'un de nos candidats aux primaires reprenne le slogan de Nicolas Sarkozy, c'est-à-dire l'emblème du sarkozysme économique qui a échoué", a-t-il dit.

"Manuel Valls est sur cette position probablement tout seul", a ajouté le porte-parole du PS. "Il le fait parce que c'est les primaires."

"C'est une mauvaise intuition politique et j'invite Manuel Valls à revenir dans le droit chemin", a ajouté Benoît Hamon, selon qui "tout ce qui remet en cause aujourd'hui la réduction du temps de travail est un combat d'arrière-garde".

Emblématique de la période du gouvernement de Lionel Jospin (1997-2002), la loi réduisant la durée du temps de travail est l'objet d'un contentieux idéologique persistant, la gauche considérant en général qu'elle a créé des emplois et favorisé la croissance, la droite soutenant le contraire.

Le calendrier de la primaire socialiste prévoit un dépôt des candidatures en juin et un scrutin à l'automne. Sont pour l'instant candidats, outre Manuel Valls, la candidate de 2007 Ségolène Royal et le député de Saône-et-Loire Arnaud Montebourg.

 

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