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CÔTE D'IVOIRE

Confusion autour d'une rencontre entre Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara

4 min

Le médiateur de l'Union africaine, le Premier ministre kényan Raila Odinga, a annoncé que les deux présidents ivoiriens proclamés auraient accepté de se rencontrer. Une information que le camp d'Alassane Ouattara dément "totalement".

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Y aura-t-il un tête-à-tête entre Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara ? La nouvelle a été annoncée mardi par le médiateur pour l'Union africaine, pour être aussitôt démentie par le camp Ouattara. 

Cette rencontre inédite entre les deux protagonistes de la crise ivoirienne a été envisagée, a déclaré, ce mardi matin, le Premier ministre kényan Raila Odinga, médiateur pour l'Union africaine, qui était en visite hier à Abidjan. "Nous avons rompu la glace. Nous avons entamé les discussions. Ils [Gbagbo et Ouattara] ont accepté de se rencontrer face à face mais à certaines conditions", a déclaré à l'AFP Raila Odinga.

Cette éventualité, pourtant, a aussitôt été écartée par le camp Ouattara. "C'est totalement faux. Cette proposition a été faite par Odinga et nous l'avons totalement rejetée", a déclaré à l'AFP Ali Coulibaly, conseiller diplomatique de Ouattara. "Nous ne sommes pas contents" de cette déclaration et "nous la démentons totalement", insiste Ali Coulibaly.

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"Je peux vous dire avec certitude qu’il n’est absolument pas question d’une rencontre entre Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara", confirme Pauline Simonet, envoyée spéciale de FRANCE 24 à Abidjan. "Laurent Gbagbo réclame cette rencontre depuis le début de la crise, pour sortir de son isolement et aussi gagner du temps. Mais le camp Ouattara est très clair : il n’est pas question d’une rencontre avant que Laurent Gbagbo ne cède le pouvoir. On sent l’impatience qui monte, le camp Ouattara est excédé par ces négociations qui se poursuivent."Lundi, déjà, le camp Ouattara avait douché la proposition de Laurent Gbagbo de négocier davantage. Alassane Ouattara a assuré que pour lui les discussions étaient "terminées" et a appelé de nouveau Laurent Gbagbo à "quitter le pouvoir dans les plus brefs délais". Il a rejeté la mise en place d'un "comité d'évaluation" de la crise postélectorale proposée par son adversaire. "Une stratégie pour pouvoir gagner du temps", a-t-il accusé. 

"Davantage d'efforts vont devoir être faits pour obtenir la paix"

Décidemment, les négociations sont "toujours dans l’impasse". L’expression est du président nigérian Goodluck Jonathan, actuel président de la Commission économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao), et qui a reçu ce mardi à Abuja les quatre médiateurs africains revenus de leur mission en Côte d’Ivoire : le Premier ministre kényan Raila Odinga, médiateur pour l'Union africaine, ainsi que les présidents Ernest Koroma (Sierra Leone), Pedro Pires (Cap-Vert), et Boni Yayi (Bénin), envoyés de la Cédéao. 

Un pays, deux présidents

Les quatre hommes avaient rencontré lundi Laurent Gbagbo, au pouvoir à Abidjan au mépris des appels de l’Union africaine, de la Cédéao et des Nations unies pour qu’il se désiste au profit d’Alassane Ouattara, vrai vainqueur, selon eux, du scrutin du 28 novembre dernier.

Leur médiation, lundi, n’a porté pour l’instant aucun fruit tangible. Mais Raila Odinga persiste à donner des signes d’optimisme. "Nous avons eu des discussions utiles avec les parties en Côte d'Ivoire. C'était un début utile. Davantage d'efforts vont devoir être faits pour obtenir la paix", a-t-il déclaré juste avant de rencontrer Goodluck Jonathan. Il a précisé qu'une déclaration serait faite plus tard à Abuja "sur l'issue de la mission" de lundi et "la marche à suivre pour la suite". 

La semaine passée, Goodluck Jonathan avait promis que de "nouveaux pas" seraient accomplis dès mardi. 

Quant à la possibilité d’une intervention armée pour déloger Laurent Gbagbo, la Cédéao l’a évoquée à plusieurs reprises. Mais la France a annoncé, quant à elle, qu’elle n’en prendrait pas l’initiative. Le président Nicolas Sarkozy a déclaré ce mardi que "les soldats de la France n'ont pas vocation à s'ingérer dans les affaires intérieures de la Côte d'Ivoire". Paris se réserve en revanche le droit d'agir si ses ressortissants étaient menacés, a précisé le ministre de la Défense, Alain Juppé.

 

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