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CÔTE D'IVOIRE

Le camp Gbagbo indique vouloir privilégier le dialogue

4 min

Au lendemain d'une tentative de médiation des émissaires de la Cédéao et de l'Union africaine, le leader des Jeunes patriotes, Charles Blé Goudé, répète que le camp Gbagbo entend poursuivre sur la voie du dialogue. Tout en mobilisant ses partisans.

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Au lendemain d'une visite de quatre émissaires de la Communauté des États d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) et de l'Union africaine (UA) à Abidjan, le ministre de la Jeunesse et du Travail du gouvernement Gbagbo et leader des Jeunes patriotes, Charles Blé Goudé, tire un bilan nuancé de leur tentative de médiation. Il affirme croire encore aux négociations.

"Goodluck Jonathan [chef de l'État nigérian et président en exercice de la Cédéao] a dit que les discussions continuaient, a-t-il rappelé, ce mardi, dans une interview à FRANCE 24. On ne peut donc pas dire que les discussions n'ont rien donné. Il faut éviter de verser dans la précipitation et de tirer des conclusions hâtives. Une crise comme celle-là ne se règle pas en deux-trois jours ou deux-trois heures de négociations."

"Ouattara, le dialogue n'est pas son fort"

En l'absence de véritables progrès des négociations, la Côte d'Ivoire reste toutefois sous la menace d'une intervention militaire de la Cédéao. L'organisation ouest-africaine a indiqué ne pas exclure un recours à la force "pour réaliser les aspirations du peuple ivoirien". Lundi, sur FRANCE 24, le Premier ministre d'Alassane Ouattara, Guillaume Soro, a assuré que son gouvernement "s'associerait à toute initiative de recours à la force légitime."

"Alassane Ouattara n'a jamais appelé à des discussions, il a toujours dit qu'il fallait employer la force militaire, réagit Charles Blé Goudé. Le dialogue n'est pas son fort, la Constitution n'est pas son fort. Depuis 2000, il n'a pas changé du tout."

"On ne peut pas déloger par la force quelqu'un qui a remporté des élections, poursuit-il. Nous ne redoutons pas une intervention de la Cédéao, mais à chaque fois qu'on fait la guerre, on finit toujours par discuter. Autant discuter maintenant plutôt que de mettre des vies en danger."

Si le camp de Laurent Gbagbo réclame depuis le début de la crise une rencontre avec son rival, celui-ci refuse catégoriquement de négocier avec le président sortant tant qu'il n'aura pas accepté de quitter le pouvoir. Laurent Gbagbo a également appelé, lundi, à la mise en place d'une commission d'évaluation du processus électoral. 

"Le président, dont je suis le ministre, a proposé un comité d'évaluation pour aller voir si la procédure électorale a été respectée dans le nord de la Côte d'Ivoire, explique Charles Blé Goudé. Des hommes qui sont censés représenter le candidat Gbagbo dans les bureaux de vote ont été chassés par les hommes en arme de Guillaume Soro, des femmes ont été violées dans les bureaux de vote. Il faut écouter, enquêter, et à partir de là tirer des conclusions".

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"Une feuille de route secrète"

"On ne peut pas déclarer que Laurent Gbagbo n'a eu aucune voix dans plusieurs bureaux de vote où il est censé avoir des représentants. C'est aberrant ! En Côte d'Ivoire, Alassane Ouattara, Guillaume Soro et Choi Young-jin [le chef de la mission de l'ONU en Côte d'Ivoire] avaient une feuille de route secrète, c'était d'installer Alassane Ouattara à n'importe quel prix. Nous proposons ce comité d'évaluation pour enquêter et voir qui, de Laurent Gbagbo ou d'Alassane Ouattara, a effectivement remporté les élections", ajoute-t-il.

Surnommé le "général de la rue", Charles Blé Goudé avait appelé à "libérer l'hôtel du Golf" - où est retranché le camp d'Alassane Ouattara - "à mains nues". Aujourd'hui, il assure continuer à mobiliser ses partisans, tout en privilégiant le dialogue. 

"Il n'est pas possible qu'Alassane Ouattara et son camp, avec à sa tête le rebelle Guillaume Soro, puissent être à Abidjan et concocter des plans, avec le soutien de l'ONU, pour venir attaquer les Ivoiriens. Cela est inacceptable. C'est pour ça que j'ai dit que si l'ONU ne le fait pas, nous irons à mains nues leur dire de quitter l'hôtel du Golf."

Selon les médiateurs africains, Laurent Gbagbo se serait toutefois engagé lundi à lever le blocus terrestre autour de l'hôtel du Golf.

Interrogé sur les accusations d'exactions qui pèsent sur le camp de Laurent Gbagbo, Charles Blé Goudé rétorque : "Savez-vous que quand Alassane Ouattara appelle à des manifestations, ses partisans descendent dans la rue avec des kalachnikovs et tirent sur la police ? Ils ont incendié un immeuble et un policier a été calciné par ses manifestants. Nous avons affaire à une guérilla urbaine aux mains d'Alassane Ouattara. Voilà la vérité."

 

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