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N’Djamena peut enfin voir "Un homme qui crie" sur grand écran

La réouverture de la salle de cinéma "Le Normandie", fermée depuis trente ans, va permettre aux habitants de N’Djamena de voir, enfin, "Un homme qui crie", premier film tchadien à avoir été récompensé par le Prix du jury au Festival de Cannes.

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"Un homme qui crie", de Mahamat-Saleh Haroun, avait fait sensation en mai dernier au Festival de Cannes en concourant pour la célèbre Palme d'Or. Pourtant, ll n’avait jamais été projeté au Tchad, faute de salle de cinéma. C’est désormais chose faite.

La salle Le Normandie, "une salle mythique, de 600 places, construite en 1949", selon le responsable du projet, Issa Serge Coelo, a été restaurée après un an de travaux pour un coût total de 1,2 milliard  de francs CFA (soit environ 1,8 million d'euros). Le lieu n’avait pas servi comme salle de cinéma depuis 32 ans.

"On est en train d’écrire l’histoire, tranquillement, petitement, et c’est quelque chose d’assez exceptionnel, inédit", réagit Mahamat-Saleh Haroun au moment de l’inauguration de la salle, ce week-end, en présence du président tchadien Idriss Déby, et de plusieurs membres du gouvernement (cf vidéo ci-dessus). Repoussée à plusieurs reprises, la soirée a finalement coïncidé avec les festivités du cinquantenaire de l’indépendance du Tchad, qui ont, elles aussi, été maintes fois reportées en raison de la saison des pluies (la vraie date d'anniversaire tombait le 11 août 2010).

"L’Etat commence à ouvrir les yeux…"

"C’est la première fois que nous avons une salle moderne, avec du matériel moderne bien sûr… au moment où partout ailleurs, on ferme les salles de cinéma", commente le président Déby. La volonté politique derrière cette rénovation y est pour beaucoup. "Les politiques ont décidé d’investir une partie de l’argent du pétrole dans le sport et dans le cinéma, et ont été remotivés par le Prix du jury à Cannes", se réjouit le réalisateur Issa Serge Coelo. "La salle dépend du ministère de la Culture, mais la gestion est privée et le but est d’avoir des comptes équilibrés. La moitié des bénéfices doivent servir à créer d’autres salles dans la capitale et ailleurs au Tchad." La salle est dotée d’un projecteur 35 mm et d’un projecteur numérique, qui permettra de programmer des films en DVD ou reçus par Internet.

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Cette salle est la bienvenue, juge une jeune Tchadienne, Salma Khalil, qui fait partie des Observateurs de France 24 à N’Djamena. "Pour moi, l'Etat commence à ouvrir les yeux sur la nécessité d’avoir de la 'distraction’. Il est difficile de trouver des lieux de sortie au Tchad, excepté quelques restaurants et bars dans l'avenue Charles de Gaulle ou Mobutu et dans les grands hôtels. Au Tchad, avant la guerre, il y avait les cinémas Rio, Vogue, Shéhérazade et Normandie", se souvient Salma Khalil. "Pour suivre un film aujourd’hui, je dois me rendre au Centre culturel français. Les ciné-clubs qui poussent comme des champignons au Tchad sont réputés dangereux… J'avais moi-même été victime d'un vol en 2006 dans un ciné-club où je suivais un match Chelsea-Barcelone. Je trouve que c'est une bonne initiative mais beaucoup reste à faire. Nous sommes encore loin."

Projeter un film africain, un long-métrage européen... et des matchs de foot

La programmation ? Elle commencera réellement en mars. L’ambition est d’avoir six films à l’affiche par mois : un film africain, une production de Bollywood, un film jeunesse, un long-métrage européen et deux blockbusters américains. "On va démarrer avec des films qui ont marqué 2010", prévoit Issa Serge Coelo, "mais on va aussi pouvoir passer des matchs de foot dans la salle, qui vont attirer du monde."

L’enjeu pour la salle est d’attirer un large public, et pas seulement les hommes politiques, les membres d’ONG et les quelques artistes de N’Djamena qui étaient présents ce week-end. "Après un quart d’heure, le président Déby est parti de la salle", rapporte Issa Serge Coelo, "et la salle a été envahie par les gamins de la rue, venus voir leur premier film sur grand écran." Un bon signe pour la suite. 

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