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Intense ballet diplomatique de Bamako à New York en passant par Abidjan

Va-et-vient du médiateur de l'UA à Abidjan, réunion des chefs d'état major de la Cédéao à Bamako, vote attendu du Conseil de sécurité de l'ONU : le point sur l'intense activité diplomatique provoquée par la crise ivoirienne.

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Abidjan : Raila Odinga poursuit sa médiation

Alors que ce mardi 18 janvier devait être une journée "pays mort", Abidjan ne semble pas avoir répondu à l’appel à la grève générale lancé par Alassane Ouattara. Mais les habitants de la capitale économique ivoirienne en ont-ils seulement les moyens ? "Entre 30 % et 50 % des entreprises, ici, ont mis leurs employés au chômage technique. Alors les gens qui ont encore un boulot ne veulent pas le perdre", explique ainsi Johan Bodin, l’un des envoyés spéciaux de FRANCE 24 dans le pays, qui ajoute que les fonctionnaires ivoiriens qui rejoindraient le mouvement seraient radiés de leurs administrations.

Les Jeunes patriotes prêts à "mourir pour leur pays"

Sur le plan diplomatique, après un premier round d’entretiens hier, le négociateur de l’Union africaine (UA), le Premier ministre kényan Raila Odinga, doit poursuivre aujourd’hui sa médiation dans l'espoir - bien maigre - d'organiser une rencontre entre Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara. M. Odinga sait qu’il doit rester prudent sur les annonces : le 4 janvier dernier, en effet, il avait assuré qu’une réunion entre les deux rivaux allait être organisée… avant que le camp Ouattara ne démente l'information peu de temps après.

Mardi à la mi-journée, Laurent Gbagbo a dit accepter l’offre de pourparlers directs, a-t-on appris par la voix du porte-parole de son gouvernement. À cette heure, le camp Ouattara n'avait, lui, pas encore fait connaître sa décision.

Bamako : la Cédéao discute de l’option militaire

Au même moment à Bamako, la capitale malienne, une réunion des chefs d’état-major de plusieurs pays de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao) étudiaient, eux, les différents scénarios possibles d'un éventuel recours à la force. La Cédéao a suspendu la Côte d’Ivoire de ses instances au début du mois de décembre et menace depuis Laurent Gbagbo d'une intervention militaire s'il ne cède pas le pouvoir à son rival, Alassane Ouattara.

Cette réunion intervient alors que le président burkinabé, Blaise Compaoré, doit rencontrer ce mardi son homologue français Nicolas Sarkozy, à Paris. Une délégation de la Cédéao l'accompagne pour discuter de la situation en Côte d'Ivoire. 

Situation tendue pour l'Onuci en Côte d'Ivoire

Le correspondant de Radio France internationale (RFI) au Mali, Serge Daniel, a pu consulter le rapport de la dernière réunion extraordinaire des responsables militaires de la Cédéao, qui s'est tenue les 28 et 29 décembre dernier à Abuja (Nigeria). Il en ressort qu’une éventuelle intervention armée se ferait sous commandement nigérian, car il s'avère que le pays serait le plus gros contributeur de troupes dans le cas d'une intervention armée de l'instance régionale en Côte d'Ivoire. Viendraient ensuite le Burkina Faso, le Sénégal, le Liberia, la Sierra Leone, le Mali, le Togo, le Bénin et le Niger (sous réserve de "confirmation").

Dans un tel cas de figure, le document insiste aussi sur la nécessité, pour les troupes de la Cédéao, d'asseoir rapidement leur supériorité aérienne sur la Côte d'Ivoire et passe en revue les différents modes d’intervention possibles dans le pays. Plusieurs options sont envisagées : une intervention dirigée par les forces armées de la Cédéao d'une part, ou bien l'intégration de celles-ci dans la mission des Nations unies en Côte d'Ivoire, l’Onuci. 

New York : les Nations unies votent l’envoi de 2 000 soldats supplémentaires

Le sort des casques bleus de l’Onuci fera justement l’objet de discussions, ce mardi, au Conseil de sécurité de l'ONU, à New York. Rédigé par Paris et Washington, un texte prévoyant l’envoi de 2000 soldats supplémentaires sur le terrain ivoirien doit en effet lui être présenté, afin de porter les effectifs onusiens à quelque 11 000 hommes (9 200 soldats, 200 observateurs militaires, 1 250 policiers).

S’il ne fait guère de doute que le texte sera adopté, certains pays n'ont toutefois pas manqué de faire part de leur réticences - la Russie et la Chine notamment -, trouvant sa première version "trop politique". Mais les 15 pays membres du Conseil semblent être tombés d’accord sur une version plus édulcorée.

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