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Ben Ali et Gbagbo privés d'accès à leurs éventuels comptes en Suisse

Le gouvernement helvétique a décidé de geler les avoirs que pourraient détenir en Suisse le chef de l'État tunisien déchu, Zine el-Abidine Ben Ali, et le président sortant de Côte d'Ivoire, Laurent Gbagbo.

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AFP - La Suisse a décidé de bloquer d'éventuels fonds appartenant au président tunisien déchu Zine El Abidine Ben Ali dans la Confédération helvétique, a annoncé mercredi la présidente de la Confédération, Micheline Calmy-Rey.

La famille du président Ben Ali aurait pris la fuite avec 1,5 tonne d'or, affirme le journal Le Monde. Selon le quotidien, Leïla Trabelsi, la femme du président, "se serait rendue à la Banque centrale de Tunisie chercher des lingots d'or", et aurait essuyé un refus du gouverneur, avant qu'il ne cède sous la pression de Zine El Abidine Ben Ali. Cette information a été démentie par la Banque centrale de Tunisie.

"La Suisse a décidé de bloquer avec effet immédiat d'éventuels fonds en Suisse de l'ex-président tunisien Ben Ali et de son entourage", a expliqué au cours d'une conférence de presse Mme Calmy-Rey.

Le gouvernement helvétique a également décidé "de bloquer les biens de ces personnes en Suisse", a-t-elle ajouté annonçant également le blocage d'avoirs éventuels du président ivoirien sortant Laurent Gbagbo.

L'objectif de ces blocages, qui courent sur trois ans, est d'éviter que "d'éventuels avoirs acquis illicitement ne soient transférés à l'étranger avant que la Tunisie et la Côte d'Ivoire n'aient la possibilité de demander une entraide judiciaire en matière pénale pour obtenir la restitution de ces avoirs".

Ces décisions ont été prises car la Suisse soupçonne fortement l'existence de tels fonds.

"Il y a des indices dans les deux cas (...) c'est pourquoi nous prenons des mesures de prévention et de précaution", a-t-elle dit.

"On sait que les membres de l'entourage de M. Ben Ali, qui détenaient des positions dominantes dans l'économie et la finance, ont fait un certain nombre de voyages en Suisse ces derniers mois", a argumenté Mme Calmy-Rey qui occupe également le poste de ministre des Affaires étrangères.

"Selon notre expérience", a-t-elle poursuivi, "on sait que de tels voyages peuvent être utilisés pour des transactions financières et des dépôts d'avoirs dans des établissements bancaires suisses".

"Le Conseil fédéral (gouvernement) tenait à agir rapidement pour éviter que la place financière suisse ne puisse être utilisée pour détourner des fonds depuis la Tunisie", a encore insisté la responsable.

Elle a toutefois tenu à préciser qu'il était "très peu probable que les fonds de ces personnes aient été transférés ces derniers jours vu l'obligation de diligence qui incombe aux intermédiaires financiers".

Par ces mesures, la Suisse emboîte le pas à la France qui dès samedi, quelques heures après l'annonce de la fuite du président tunisien déchu en Arabie saoudite, avait assuré qu'elle avait pris "les dispositions nécessaires" pour bloquer d'éventuels "mouvements financiers suspects concernant des avoirs tunisiens en France".

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