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Le Premier ministre s'engage à quitter la politique après les élections

Le Premier ministre Mohammed Ghannouchi s'est engagé, au cours d'une interview télévisée, à quitter la politique une fois la période de transition achevée. Il a également annoncé l'abrogation de "toutes les lois anti-démocratiques".

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AFP - Premier ministre pendant plus de 11 ans de Zine El Abidine Ben Ali, le président tunisien déchu, Mohammed Ghannouchi est apparu sur les écrans de télévision vendredi soir dans les habits d'un grand commis d'Etat avec ses moments de doute, de modestie et d'émotion.

Parlant pendant plus d'une heure à deux journalistes indépendants, Ridha Kafi et Saloua Charfi, M. Ghannaouchi, qui préside le cabinet de transition, fortement contesté par la rue, a voulu mettre beaucoup de points sur les i.

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Aucune ambition politique pour la période de l'après Ben Ali, un souci de réussir la transition du pays vers la démocratie et un engagement à préserver les acquis de l'ère d'Habib Bourguiba, le père de l'indépendance, notamment l'interdiction de la polygamie.

Pour cet homme, qui a été longtemps considéré comme un serviteur de la volonté présidentielle de l'ère Ben Ali, caractérisée par l'affairisme, le vol de biens de l'Etat et la corruption, il était urgent de s'expliquer.

"J'avais peur, comme tous les Tunisiens", a assuré M. Ghannouchi qui il y a quelques jours indiquait à une radio française avoir eu l'impression que c'était Leïla Ben Ali, l'épouse du président déchu qui dirigeait effectivement le pays.

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En onze ans, c'est la première fois que l'homme se confie sur ce ton et quand on lui demande de se présenter aux Tunisiens, il commence par dire "j'appartiens à une famille modeste qui a lutté pour l'indépendance", avant de se raviser..."Je préfère ne pas parler de moi".

Au bord des larmes pendant trois séquences de cette interview historique pour un homme qui ne s'est jamais adressé aux Tunisiens sous Ben Ali, l'ancien et actuel Premier ministre s'est dépeint sous les traits d'un modeste exécutant animé par le souci de mener à bien une transition, chahutée par la contestation dans la rue.

Il a tenu à rassurer sur le caractère irréversible de la transformation du pays. "Nous avons opéré un revirement à 180 degrés" "pas de possible retour en arrière" et "confiance dans l'avenir" étaient les maîtres mots de ce discours, destiné à calmer la fronde dans la rue.

Lorsqu'on lui dit "merci monsieur le Premier ministre" pour signer la fin de l'interview, il tient à avoir un dernier mot. "Aux femmes et aux hommes d'affaires, je tiens à dire qu'une nouvelle ère s'ouvre et qu'il faut maintenant se montrer pour investir, entreprendre et réussir".

"Toute entrave sera levée aux affaires", insiste-t-il quand on lui pose la question sur les difficultés causées par les clans de la famille du président qui se sont accaparées des pans entiers de l'économie du pays en prélevant leur part sur toute compagnie étrangère voulant faire des affaires dans le pays.

Dans cet exercice destiné à vendre l'image d'un chef de gouvernement de transition honnête et compétent, M. Ghannouchi est apparu comme un homme politique maîtrisant bien les sujets économiques et qui a pris des engagements fermes, pendant la période transition, sur les questions politiques.

Reste à savoir si cette image d'un "nouveau Ghannouchi" suffira à apaiser la fureur de rue à la veille du week-end tunisien qui commence samedi et peut encore mobiliser des milliers de manifestants pour exiger le départ du gouvernement des caciques de l'ancien pouvoir.

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