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Tunis lance un mandat d'arrêt international contre Ben Ali et ses proches

Alors que des manifestations se tiennent toujours à Tunis et à Sfax, le gouvernement tunisien de transition a sollicité l'aide d'Interpol pour obtenir l'arrestation du président déchu Zine el-Abidine Ben Ali et de son clan.

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Le gouvernement de transition a saisi Interpol, ce mercredi, pour traduire en justice l'ancien président Ben Ali et son épouse Leïla Trabelsi. Un mandat d'arrêt international a été émis contre le couple présidentiel en fuite en Arabie saoudite depuis le 14 janvier, pour "acquisition illégale de biens mobiliers et immobiliers" et "transferts illicites de devises à l'étranger", a annoncé, ce mercredi matin, le ministre de la Justice Lazhar Karoui Chebbi.

Les autorités tunisiennes espèrent également arrêter tout le "clan Ben Ali" [huit autres membres de la famille Trabelsi, ndlr] pour les mêmes chefs d’inculpation, et six membres de la garde présidentielle, dont Ali Seriati, patron de la sécurité de Ben Ali, pour "conspiration contre la sûreté de l'État et incitation à la violence armée", a ajouté Lazhar Karoui Chebbi.

Une arrestation qui s’annonce délicate

Si cette annonce "veut rassurer la population sur la volonté de rupture du gouvernement avec le passé", explique Pauline Simonet, envoyée spéciale de FRANCE 24 à Tunis, "sur le terrain, l’arrestation de l’ancien président déchu s’annonce plus délicate".

L’Arabie saoudite va-t-elle accepter de livrer Ben Ali à la justice tunisienne ? Rien n’est moins sûr. Selon Gauthier Rybinski, spécialiste de politique internationale à FRANCE 24, "les interpellations qui suivent les mandats d’arrêt se font très souvent par la police locale, or, on imagine mal l’Arabie saoudite, accueillir le président et sa famille, pour fnalement les arrêter aujourd’hui".

"La Tunisie se dirige vers un remaniement plus important que prévu"

"Les arrestations de dictateurs sont des faits rares", ajoute-t-il. "Prenez l’exemple de Jean-Claude Duvalier [l’ancien dictateur haïtien, réfugié en France pendant 25 ans, ndlr]. Il n’a jamais été inquiété. L’émission d’un mandat d’arrêt est malheureusement peu efficace quand il n’est pas lié à des crimes de sang", poursuit le spécialiste.

Les Tunisiens ne baissent pas la garde

En marge de cette annonce, la colère de la rue n’est toujours pas retombée et les Tunisiens restent sur le qui-vive avant l’annonce jeudi du remaniement gouvernemental. Des milliers de manifestants campaient toujours devant la place de la Kasbah, le siège du Premier ministre, à Tunis pour réclamer la démission des anciens ministres de Ben Ali.

La situation est extrêmement tendue car la fermeture des principaux accès à la place de la Kasbah empêche le ravitaillement en nourriture et couvertures des protestataires. "Les policiers ont tiré, ce matin, des grenades lacrymogènes contre un groupe de manifestants qui leur lançaient des pierres et des bouteilles", raconte Pauline Simonet, "des incidents se produisent également entre pro et anti gouvernement".

Le ministre tunisien de la Justice a par ailleurs annoncé que 698 personnes avaient été arrêtées pour implication dans les troubles qui ont précédé et suivi la chute de l'ancien président Zine El Abidine Ben Ali le 14 janvier. Ces personnes sont soupçonnées de "sabotages, agressions et pillages", a-t-il précisé.

À Sfax, la deuxième ville du pays située à 270 km au sud de la capitale, où était organisée une grève générale à l’appel de l’UGTT, le principal syndicat tunisien, la situation est tout aussi explosive. Des milliers de travailleurs paralysent la ville. Selon des sources syndicales interrogées par l'AFP, les manifestants étaient "au moins 50 000".

La centrale syndicale tunisienne a également appelé à une "grève générale" jeudi, à Sidi Bouzid, foyer de la révolution, où un jeune vendeur de fruits et légumes, Mohammed Bouazizi, s'était immolé par le feu, le 17 décembre dernier.

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