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Reporters

La Tunisie après Ben Ali

Après la chute de Ben Ali, c’est tout un pays qui bascule. Libertés inédites, revendications politiques, réels espoirs de changement, nos reporters racontent les premiers pas de la nouvelle Tunisie.

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Alors, à quoi ressemble un pays qui vient de faire tomber un dictateur en place depuis 23 ans ? C’est la question que je me pose en sortant de notre hôtel dans le centre-ville de Tunis. Nous sommes le samedi 15 janvier 2011. La veille Zine el-Abidine Ben Ali a fui son pays. Je m’attends à des scènes de joie, un immense soulagement collectif… Mais rien.

Dans la rue, une activité presque normale. Certains commerces ont rouvert, des employés prennent le chemin du bureau.

Evidemment, notre tâche ce matin consiste à recueillir le plus de réactions possibles au départ de Ben Ali. On tend le micro et... les gens parlent !

Deux jours auparavant, personne n’osait s’exprimer devant notre caméra. Trop dangereux. Ou alors il fallait flouter les visages. Aujourd’hui, la première personne à laquelle nous nous adressons accepte spontanément de répondre à nos questions, d’être filmée en pleine rue devant tout le monde. Les policiers en civil, qui hier encore nous surveillaient, sont peut-être toujours là. Cette dame que nous interviewons le sait mais peu importe, elle parle. Elle parle pour dire qu’il ne faut pas se réjouir trop vite du départ de Ben Ali, car le système de gouvernement qu’il a mis en place existe toujours. Ce matin là, nous interrogeons beaucoup de monde dans la rue. Tout le monde parle. Les langues se délient. Enfin.

Dans les jours qui suivent, nous tentons de suivre le rythme effréné des déclarations, manifestations, débordements... Pendant cette semaine folle après la chute de Ben Ali, tout un pays commence à basculer.

Chaque jour les manifestants sont plus nombreux dans la rue pour réclamer la fin du RCD, le tout-puissant parti du désormais ex-président. Dans les bureaux, les administrations, même dans certaines mosquées, les Tunisiens exigent le départ de leurs dirigeants, qui pendant des années ont participé au régime.

Des journalistes qui ont trop souvent diffusé la parole gouvernementale sans aucune critique se remettent en question. Des Tunisiens âgés regrettent de n’avoir pas participé à la révolution, pas même cru à la possibilité d’un changement.

"La Tunisie après Ben Ali", c’est ce que nous avons vu, entendu, ressenti pendant une semaine après la fuite de l’ancien président. Une semaine qui marquera l’histoire de la Tunisie. 

Le résumé de la semaineFrance 24 vous propose de revenir sur les actualités qui ont marqué la semaine

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